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Homélie

Posté par rtireau le 13 juin 2018

11° dimanche dans l’année B - 17 juin 2018

Ezéchiel 17, 22-24 ; Psaume 91 ; 2 Corinthiens 5, 6-10 ; Marc 4, 26-34

L’évangile de Marc, au chapitre 4, raconte une période où Jésus commençait déjà à avoir des ennuis. Ce qu’il disait, ce qu’il faisait était si peu conforme à ce qu’enseignaient les responsables de la religion qu’on lui conseillait de s’abstenir de prendre la parole dans les synagogues. Alors, il s’était mis à parler davantage sur les places publiques. Un jour il était même monté sur une barque et s’était écarté un peu du rivage pour s’adresser à la foule.

Avec ses amis aussi il avait des difficultés. Ilsl’aimaient beaucoup mais ils avaient du mal à le comprendre. Ils étaient tellement habi­tués à entendre des vérités à croire et des règles à pra­tiquer. Alors que, pour Jésus, la Parole de Dieu était comme une semence. Et il la proposait sans rien imposer, car il voulait essayer d’éveiller les consciences. Il prenait des images familiè­res pour aider chacun à faire un pas de plus vers Dieu. Il prenait même certains à part pour leur donner des explications supplémentaires. Et il leur racontait de nombreuses paraboles. 

Les paraboles, c’était pour les aider à mieux comprendre. Pour autant, ce n’était pas évident car ces paraboles avaient quelquefois l’air de se contredire les unes les autres. Jean-Pierre Manigne a répondu un jour à cette objection : “Il n’y a pas de contradictions entre les paraboles, malgré les apparences, à condition de prendre toutes les paraboles. Si nous les recevons ensemble, nous acquérons une mentalité de jardinier ou de cultivateur. Eux savent qu’une terre n’est jamais assez bien préparée, nettoyée, enrichie d’engrais. Mais ils savent aussi, qu’une fois les semences faites, on ne hâtera pas la maturation du blé ou des fleurs en tirant sur la tige. Beaucoup de travail, donc, et, après cela la semence germe et grandit on ne sait comment, même lorsqu’on dort.”

Nous avons lu deux paraboles aujourd’hui. Une qui évoquen’importe quelle semence et l’autre qui désigne une graine précise, celle de la moutarde. Marc exagère un peu sans doute en disant qu’elle est “la plus petite de toutes les semen­ces du monde”,mais c’est pour mieux souligner sa prodigieuse croissance : elle deviendra un arbre dont les branches abriteront les oiseaux du ciel. L’histoire du Royaume de Dieu est donc comme celle d’une graine jetée en terre, qui va germer et grandir, sans que le semeur intervienne, sans même qu’il sache comment elle grandit. Il n’interviendra plus qu’au moment de la mois­son, c’est-à-dire du jugement: faucille et moisson, dans le langage biblique, évoquent le dernier jour. Entre les semailles et la moisson, c’est le temps du tra­vail discret de la terre, mystère de mort et de vie. 

Jésus semble insister sur la phase de la croissance. Tout son itinéraire est résumé là, et aussi toute l’aventure du Royaume. La Parole de Dieu a ensemencé son humanité : “Et le Verbe s’est fait chair.”Jésus est maintenant dans le champ des hommes pour y faire les semailles. Un jour, viendra le temps de la mois­son. Pour l’heure, confiance et espérance, la graine germe et grandit.L’annonce du Royaume n’est pas un discours de morale. La morale nous dit ce qu’il faut faire, l’Evangile nous dit ce qu’il faut être. Jésus dérangeait y compris ses amis, en annonçant un Dieu inattendu, lDieu renversant du Magnificat :« Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. »On y reconnaît le phrase d’Ezéchiel (1èrelecture) : « Il renverse l’arbre élevé (allusion à un certain Sédécias) et relève l’arbre renversé. »

Il y a une atmosphère dans ces paraboles. C’estune tonalité de confiance. Peut-être que le présent ne montre que peu de perspectives souriantes pour l’avenir, mais pourtant un dynamisme ou une puissance est à l’œuvre. Qu’elle nous soit cachée ne signifie pas qu’elle soit absente : il y a des enfouissements plus prometteurs que certaines manifestations spectaculaires mais qui n’ont quelquefois pas de lendemain fructueux. L’évangile de Marc s’adresse peut-être à des croyants de Rome conscients de leur fragilité et ébranlés par une persécution. Il fait apparaître un Jésus appelant à garder confiance.

Deux leçons de ces paraboles : 

La première est la foi de Jésus : voilà un homme qui fait confiance au présent, à l’avenir, à ceux et celles qu’il rencontre. Et il sait communiquer cette confiance. 

La seconde est la discrétion de Dieu. Pour Jésus, Dieu est présent à la manière d’un enfouissement dans des profondeurs qui ne nous sont pas accessibles. Il nous demeure caché. 

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Homélie

Posté par rtireau le 28 septembre 2016

Vingt-septième dimanche dans l’année C - 2 octobre 2016

Habacuc 1, 2-3 ; 2, 2-4 ;  Psaume 94 ;  2 Timothée 1, 6-8. 13-14 ;  Luc 17, 5-10

« Seigneur, augmente en nous la foi ! »  Ne parlez pas de la foi en termes de quantité, répond Jésus, mais en termes de qualité. Au fait, de quelle foi parlez-vous ? On sait que la foi peut fabriquer des croyants mais aussi des fanatiques. De quelle foi parlez-vous ? Si c’est bien de la foi au Dieu Amour, vous en auriez gros comme une graine de moutarde, vous diriez au grand arbre que voici : « Déracine-toi, et va te planter dans la mer », il vous obéirait !

Ce sont deux images fortes qui n’ont pas été choisies au hasard : graine de moutarde et probablement sycomore. Moutarde, la plus petite de toutes les graines, et sycomore, le plus majestueux des arbres. L’opposition entre les deux est radicale, mais il faut les deux pour dire la foi. C’est d’abord ce petit rien insaisissable dont les effets sont sans mesure. Un petit rien comme une pincée de sel, invisible mais indispensable. Un petit rien comme un peu de levain qui fait lever toute la pâte. Un petit rien comme une petite semence. Attention ! Une graine, pas un grain de sable, même si la grosseur serait comparable. Une graine qui peut devenir un grand arbre.

Et puis il y a l’image de l’arbre qui ira se planter dans la mer ! L’arbre, symbole de vie par excellence, et la mer symbole de mort pour les Juifs pour qui c’était le lieu des puissances du mal. La foi au Dieu Amour peut donc faire surgir la vie jusque dans les décors de mort ! Et l’Histoire des chrétiens est remplie de ces grands témoins qui ont planté la vie jusque dans les décors de mort : Maximilien Kolbe, Dietrich Bonhoeffer, et plus récemment Pierre Claverie ou les moines de Tibhirine. Jusque dans l’enfer des camps de concentration ou dans l’horreur d’un monde de violence, ils ont pris conscience qu’ils avaient à rendre Dieu présent dans cet univers de mort.

Des témoins célèbres qui sauvent le monde ! Et combien d’autres, des hommes et de femmes pas connus, qui donnent leur vie jour après jour. Ils font comme Dieu, et beaucoup ne le savent même pas. Si on le leur disait, ils seraient surpris et répondraient, eux aussi : “Nous n’avons fait que notre devoir.” La petite graine de moutarde vit en eux, à leur insu quelquefois. Et s’ils en sont conscients, ils ne savent pas forcément que c’est Dieu qui l’a semée. Au fait : ce serait un bonheur pour eux que de s’entendre dire qu’ils sont des créateurs à la manière de Dieu. Peut-être que ça fait partie de notre mission de chrétiens que de leur annoncer cette Bonne Nouvelle !

“Augmente en nous la foi.” Qui nous donnera cette graine de foi qui change tout ? Contemplons Jésus dans sa vie terrestre. Il a connu comme nous des joies et des peines. Il a ri, il a pleuré, il a pris part à des noces et à des funérailles. Il est mort injustement sur la croix. Et là, il a pris sur lui toutes nos peurs : “Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” Et depuis cette croix, scandale et folie pour les hommes, la puissance du mal est vaincue, même si elle semble encore dominer l’histoire. Car la croix, pour nous comme pour lui, conduit à la résurrection. Elle est en fin de compte un cri d’espérance. Jésus ne nous promet pas d’ôter la souffrance de nos existences, il la transforme en chemin de lumière. S’il n’y a pas de prière dans nos vies, alors ce chemin de Lumière peut devenir vite chemin de pessimisme et de désespérance. Donnons le temps à Dieu de nous fortifier et de purifier notre regard pour entrer dans la confiance, pour découvrir l’étincelle divine présente à tout homme. Savez-vous que le rituel du baptême nous invite à dire au baptisé : “Rappelle-toi que tu es entré dans un monde tourné vers l’avenir (un monde d’optimistes, donc). Car Jésus Christ notre Seigneur est la lumière du monde.”

Ecoutez Gérard Bessière : “Je sais une personne qui doit peut-être la vie à un brin d’herbe. Le malheur l’avait accablée, tout n’était plus que grisaille, le désir d’en finir bouillonnait en elle. Sur le trottoir où ses pas ne la conduisaient nulle part, elle a soudain aperçu, dans une faille du béton, un brin d’herbe qui pointait. La vie, infime, verte, plus forte que la lourde chape du ciment, lui faisait un signe menu. Elle reprit courage pour affronter de longues années difficiles. Parmi les innombrables passants, combien ont vu le brin d’herbe ? Sans doute fut-elle la seule à percevoir le message. Cette humble confidence m’a toujours stimulé. Sur les trottoirs et sur les murs, je suis attentif aux entreprises courageuses des herbes. Et, dans les existences humaines, j’aime remarquer aussi tant d’humbles initiatives inattendues.”

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