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Evangile pour le Jeudi Saint – 9 avril 2020

Posté par rtireau le 5 avril 2020

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15. 

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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Homélie

Posté par rtireau le 5 avril 2020

Le Jeudi saint – 9 avril 2020

Ex 12, 1-8, 11-14 ; Psaume 115 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Notre évêque, le Père D’Ornellas, a dit un jour, bien avant notre situation de confinement : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” Eh bien c’est pour nous inviter à faire des progrès dans ce sens que nous mettons en valeur, à chaque eucharistie, l’apport du pain et du vin. On appelle ça la procession des offrandes. C’est pour inciter chacun à venir à l’église avec son pain et son vin, c’est à dire avec sa vie“Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.” Quand il y a l’eucharistie à des obsèques, si vous saviez comme c’est un grand moment pour des proches du défunt d’apporter le pain et le vin sur l’autel : c’est toute la vie de celle ou de celui qu’ils ont aimé.

Rappelez-vous la phrase du célébrant pour l’offrande : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes (mouvement de Dieu vers l’homme).  Nous te le présentons (mouvement de l’homme vers Dieu). Il deviendra le pain de la vie éternelle (mouvement de Dieu vers l’homme). 

On a souvent focalisé la présence du Christ uniquement dans le pain consacré. Or le Christ est présent beaucoup plus largement. Il nous l’a annoncé en nous quittant (Nous le rappelons à la fête de l’Ascension) : “Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20)

Pour en revenir à la célébration de l’Eucharistie, les enfants qui se préparent à communier réfléchissent à la présence du Christ à chacun des 4 moments de la messe : on a appelé ça le parcours du Pain et du vin. Un parcours en quatre moments. On leur souhaite de pouvoir le faire bientôt :

1er moment : Dès qu’on se rassemble le Christ est présent dans l’assemblée des fidèles réunis en son nom : “Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” (Mt 18, 20) Et grâce à tous ceux qui ont apporté le pain de leur vie, le parcours du pain est déjà commencé. Il se trouve, ce pain, sur une tablette au milieu de notre assemblée.

2ème moment : On écoute la Parole. Et le Christ se fait présent par sa Parole “le Verbe s’est fait chair.” Le Verbe, c’est le Christ, Parole de Dieu. “ Dieu, personne ne l’a jamais vu, dit Saint Jean, le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.” (Jean 1, 18). “Tout le portrait de son Père”, disait avec humour le Père Jean-Noël Besançon. C’est à la fin de ce temps qu’on apporte les offrandes sur l’autel. Voilà que le pain de nos vies arrive sur l’autel.

3ème moment : Le Christ est présent à travers celui qui a été ordonné prêtre, et dans le pain et le vin qu’il consacre et qu’il partage en mémoire du dernier repas de Jésus. Le pain est donc arrivé sur l’autel. Et il est pris dans la grande prière eucharistique qui fait mémoire du dernier repas de Jésus. Ce jour où Jésus prit du pain (Jeudi Saint) et prononça le Récit de l’institution eucharistique (Cf St Paul de la seconde lecture)ce que nous redisons à chaque messe en mémoire de lui, comme il nous y a invités : “Faites ceci en mémoire de moi”Et le pain devient la présence du Christ sur l’autel. C’est le sacrement de l’Eucharistie. C’est alors qu’il nous est redonné en communion : il fait mouvement vers nous. Alors nous devenons la présence du Christ. “Nous sommes le Corps du Christ”, comme dit le cantique que nous aimons bien.

4ème moment : Nous sommes envoyés révéler cette présence dans nos quartiers. Oh le Christ ne nous a pas attendus pour y être présent comme il nous l’a promis. Je le rappelai à l’instant : “Moi, je suis avec vous tous les jours…” (Mt 28, 20). Il y est déjà, mais c’est à nous de prendre au sérieux cette présence pour travailler à la rendre visible. Saint Matthieu le dit dans son chapitre 25 bien connu : Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frèresc’est à moi que vous l’avez fait.” 

Deux petits mots pour conclure :

- Dans le mot communion, à peu près tout le monde sait qu’il y a le mot latin cum qui veut dire avec. Mais savez-vous qu’il s’y trouve aussi le mot munus qui signifie fardeau ? Communier engage donc aussi à porter les fardeaux les uns des autres. Voilà l’explication de la joie qu’il y a dans tous les gestes d’entraide – et il n’en manque pas en ce moment : c’est le Seigneur qui continue de ressusciter tout ce qui dans nos vies est partagé par amour.

- Quelques lignes de Timothy Radcliffe : “Dans l’Eglise primitive, il y avait un lien profond entre le soin des pauvres et l’admission à l’eucharistieQuand des gens demandaient le baptême, on leur posait des questions comme : “Ont-ils visité les malades ? Ont-ils fait toute espèce de bonnes œuvres ?” Ça veut dire que le soin du pauvre n’est pas seulement un beau geste que je fais en tant que chrétien, mais que ce beau geste fait partie de ma foi chrétienne.

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Homélie

Posté par rtireau le 29 mars 2020

Dimanche des Rameaux A - 5 avril 2020

Isaïe 50, 4-7 ; Psaume 21 ; Philippiens 2, 6-11 ; Matthieu 26, 14 – 27, 66

Nous avons entendu le récit de la Passion. La Passion, c’est d’abord une situation que l’on subit. Dépendance totale pour Jésus puisque on est allé jusqu’à le condamner à mort. Mais pour lui, cette passion passive est conséquence d’une vie pleine de passion active. Sa passion c’était de donner à chacun une nouvelle chance. Il disait : vous pouvez vivre debout, solidaires comme des frères. C’est cette passion qu’on a voulu arrêter en le mettant à mort. Nous sommes donc invités à faire mémoire de la mort de Jésus, mais aussi à essayer de vivre la même passion que lui.

Il y a trois niveaux de récit dans ce que nous venons d’entendre :

- Il y a le récit de saint Matthieu qui décrit l’événement pour que toutes les générations sachent ce qui s’est passé. Ce niveau de lecture est information. Il n’appelle pas vraiment notre foi.

- Le 2ème niveau, lui, appelle notre adhésion de foi. Jésus n’est pas seulement livré aux hommes, il se livre lui même : “Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne”. Nous croyons que ce ne sont pas les événements qui guident Jésus, mais sa fidélité au Père. Avant même que Judas ne le livre, Jésus, nous le croyons, a déjà offert son corps et son sang. Ni Judas, ni Pilate, ni personne ne pourront prendre ce qu’il a déjà donné. Cette lecture est déjà pour nous, acte de foi.

- Le 3ème degré de lecture est une question : comment ce récit me rejoint-il ? De toutes ces paroles, laquelle est pour moi ? De tous ces silences, lequel est pour moi ? Oui, je peux laisser se réaliser en moi ce que nous célébrons en trois jours : le Jeudi Saint : “ceci est mon corps” dans l’Eucharistie ; le Vendredi Saint : “ceci est mon corps” sur la croix ; et le Dimanche Saint, jour de Pâques : “ceci est mon corps” ressuscité.

En réalité, nous ne fêtons pas les rameaux, nous les recevons comme un signe que nous mettrons dans nos maisons pour que notre vie soit exposée à la vie du Christ. La vie de nos proches, la vie de ceux qui nous ont quittés, toutes nos histoires se récapitulent dans cette histoire où Dieu a pris la condition humaine. C’est pour ça que cette semaine est appelée Sainteparce qu’elle donne un sens aux 51 autres semaines de notre quotidien.

Les Rameaux sans la Passion, ce serait tomber dans la superstition en attribuant des pouvoirs magiques à de simples feuillages. Ce serait se tromper sur la royauté de Jésus : il n’est vraiment roi que sur la croix, lorsqu’il fait, par amour, le don de sa vie. Nous sommes nombreux chaque année pour la fête des rameaux : c’est bien. Combien serons-nous lorsqu’il s’agira d’être disciples de celui qui s’est fait serviteur ? Les Rameaux sans la Passion, ce serait se tromper de bonheur : Jésus ne promet pas un bonheur facile. Sur son chemin, il nous faudra rencontrer la croix. Mais la Passion sans les Rameaux, ce serait se complaire dans la douleur. Ce ne sont pas les souffrances du Christ qui sauvent, c’est l’amour qu’elles révèlent qui sauve ! La croix du Christ n’est fierté pour nous que parce qu’il est le Ressuscité ! Son chemin, même difficile, est bonne nouvelle parce qu’il ne s’est pas arrêté au Golgotha !

Ecoutez cette belle profession de foi de mon ami théologien Jean-Yves Baziou : “Tenir aujourd’hui que cet homme de Dieu demeure vif au point de susciter encore des itinéraires et des vies habitées par le don, le pardon ou l’abandon, n’est-ce pas tout simplement maintenir vivant l’espoir fou que l’avenir de notre monde ne réside pas dans la puissance guerrière ou agressive mais dans le moindre geste de générosité et de bonté. Telle est la force dans laquelle Jésus a mis tout son cœur et qu’il comprenait comme étant le cœur même de Dieu.”

Ecoutez aussi notre évêque le 25 mars dernier, fête de l’annonciation, qui souligne le mot « fraternité » pour inviter à traverser la période difficile du Covid-19 : « Tous, nous sommes vulnérables et interdépendants les uns des autres. Est ainsi mise en lumière la fraternité… En raison de notre fragilité, la fraternité est notre vocation fondamentale. Les soignants, en prenant soin des plus affaiblis, en sont le signe… À trop oublier notre fragilité, liberté et égalité deviennent des idées folles. Avec la fraternité s’ouvre un chemin… où fleurira solidarité, simplicité, responsabilité personnelle et collective, primauté de l’humain et centralité du prendre-soin. 

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Evangile du Jeudi Saint – 18 avril 2019

Posté par rtireau le 15 avril 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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Homélie

Posté par rtireau le 15 avril 2019

Le Jeudi saint – 18 avril 2019

Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Un jour, au sujet des textes du Jeudi-Saint, quelqu’un m’avait dit : « La sortie d’Egypte, cette histoire de libération d’un peuple, je vois. Je crois que je comprends. Le lavement des pieds, le maître qui se fait serviteur, je vois ce que ça peut signifier et exiger dans ma vie. Mais le texte de Saint Paul, l’institution de l’Eucharistie, c’est complètement déconnecté de ma vie. Pour moi, c’est purement un truc d’Eglise. Je ne vois pas le rapport avec mon quotidien. »

 Alors on avait évoqué une eucharistie d’obsèques et l’expression : “Cet ami nous a rassemblés.” 

On avait rappelé l’expression qu’on entend souvent : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.”

Et puis un texte de l’Eglise qui venait de sortir au sujet de la dette des pays pauvres et qui était intitulé : “Pour une économie de communion.” 

Et puis encore une émission de télévision où une juge pour enfants recevait des parents de mineurs délinquants. Un papa y racontait qu’il ne mangeait jamais avec ses enfants. Il s’est trouvé réprimandé par la juge qui lui a dit : “Commencez par là, par vous remettre à manger avec vos enfants. Un papa, ça doit manger régulièrement avecses enfants.” 

Et enfin nous avions évoqué les différentes sortes de repas, depuis le casse-croûte de l’ouvrier seul sur son chantier, jusqu’au repas de fête, en passant par le repas quotidien autour de la table familiale. Ces repas où le pain, comme l’avait dit un enfant,prend de plus en plusle goût du partage.

Je ne me souviens pas si on l’avait convaincu. Mais pour nous l’Eucharistie, dont Saint Paul raconte aujourd’hui l’institution, est bien comme un repas qui serait dans la ligne directe du repas de fête. Et l’on y mange un pain qui a tellement goût de partage qu’il en prend le goût du Christ ressuscité. En tous cas l’Eucharistie cesse d’être une formule magiquequi saurait transformer le pain et le vin comme les fées avec leur baguette. Elle cesse aussi d’être un pouvoir et devient un service. Comment pourrais-tu partager le pain de Dieu si tu ne partages jamais le pain avec ton frère ? Jean l’a écrit dans sa 1ère  lettre (1 Jean 4, 20) : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas ».

C’est en accomplissant ces gestes du serviteur que Jésus déclare : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison car je le suis ». Il l’est et il le dit, à genoux devant ces hommes aux pieds sales, avec la bassine et le torchon…  Toutes nos idées sur Dieu chancellent. Même devant Judas, il s’est agenouillé. Et quand Pierre refuse, Jésus se fait catégorique : “Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi”. Jésus avait bien dit que le plus petit était le plus grand et qu’il fallait devenir comme un enfant. Ce jour-là, il n’avait pas le dos tourné qu’on discutait pour savoir qui allait avoir les premières places !

Ecoutez François Cassingenas dans son livre Étincelles “Le récit de l’Institution et le menu du repas sont absents de l’évangile de Jean, mais il y a le lavement des pieds qui est en réalité une Eucharistie par les pieds ou, pour dire autrement les choses, les pieds de l’Eucharistie. Car l’Eucharistie de Jésus débarbouille tout l’homme, et s’occupe de tout l’homme, et restaure tout l’homme de haut en bas, ainsi que Pierre l’a compris : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! ». La Table n’a ni sens ni goût sans l’agenouillement aux pieds du frère, la Table ne tient pas debout sans les pieds de ton frère, sans le service et le pardon.” Le même écrivait aussi : « La sainte communion n’est pas ce qui rend Jésus-Christ pri­vé en moi, mais ce qui me rend social enJésus-Christ. »

La Résurrection n’est donc pas un souvenir, mais l’événementtoujours actueldont les effets continuent de se manifester dans notre monde. Jésus n’a pas dit : “Faites cela en souvenirde moi.” Il a dit : “Faites cela en mémoirede moi.”C’est toute la différence entre le mot souveniret le mot mémoire. Quand nous faisons l’Eucharistie en mémoire de lui, ce n’est pas seulement l’évocation d’un souvenir puisque nous croyons que c’est bien lui qui se donne réellement encore aujourd’hui. De même quand nous partageons, quand nous secourons, nous croyons que c’est bien lui qui se rend présent et que c’est bien son Esprit qui agit à travers ces gestes.Car Dieu ne cesse de visiter les hommes, et c’est en visitant leurs frères que les hommes rendent visite à Dieu.

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Homélie

Posté par rtireau le 24 mai 2018

Fête de la Trinité dans l’année B - 27 mai 2018

Deutéronome 4, 32-34; 39-40 ; Psaume 32 ; Romains 8, 14-17 ; Matthieu 28, 16-20

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moments de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet quand il était évêque de Poitiers, met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence. Vous êtes venus pour une raison relationnelleforte, une raison d’amitié ou d’affection. Vous avez eu raison. On l’a souvent remarqué, Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnellede bouger, aux baptêmes, aux mariages, aux obsèques… Tertullien, un père de l’Eglise du 3° siècle vous aurait dit que vous êtes venus pour ce qu’il appelait le “sacrement du frère.” (ou du petit frère, ou du petit fils).

TrinitéLe mot est lâché ? Compliqué ? Pas plus que nos familles humaines. Personne n’a attendu de savoir ce qu’est une famille pour venir au monde et y vivre. La Trinité, ce n’est pas un truc d’intellectuels,c’est le mot que l’Eglise a trouvé pour formuler ce que nous disent de Dieu le livre Evangile et la vie que nous vivons

dans l’EvangileJésusparle du Pèredont il reçoit tout ; et quand il s’en va, il annonce qu’il nous enverra l’Esprit ; 

dans notre vie, Dieu Trinité aide à comprendre qui nous sommes. Pourquoi si différents les uns des autres ? Parce que nous sommes créés à l’image d’unDieu-pluriel.

La Trinité n’est pas une énigme. C’est une clépour comprendre qui nous sommes :Jésus dit qu’il nous est possible de connaître le Père“Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Filsunique,…  lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui 1’a fait connaître.(Jean1, 18). Jean-Noël Besançon a une belle formule : Jésus, tout le portrait de son Père !” Ce visage, Saint Jean le décrit en ces mots : “Dieu est amour” (1 Jean 4, 8).Jésus parle de Dieu comme nous parlons d’amour. 

L’Evangile d’aujourd’hui nous dit :“Allez !… Faites des disciples”.Non pas : cherchez des adhérents. Mais allez. Aller, c’est partir, quitter, être libre. Aller, c’est signe de confiance. Va! C’est une décision. Il s’agit d’apprendre à garder les commandements autrement qu’au frigo. Le seul commandement c’est d’aimer ! Une jeune fille avait un jour formulé joliment cette richesse que chacun de nous porte en lui : “Dieu est le seul bonheur gratuit auquel tout le monde a droit”.

Des enfants commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ ! Beaucoup aimeraient qu’on explique. Non ! Il ne faut pas expliquer. Car ce n’est pas compliqué, c’est mystérieux. Et un mystère ce n’est pas : “y’a rien à comprendre”, mais “il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.”C’est pour ça que pour commencer à communier on se met en chemin longuement. Savez-vous que les enfants en sont à leur 4° rendez-vous ici ?

• Ils sont venus en octobre pour observer le temps de l’accueil… “Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là.” Présence réelle du Christ dans notre rassemblement.

• Ils sont revenus pour le temps de la Parole. Et ils ont compris que ce livre que tout le monde appelle La Bible, que beaucoup appellent l’Ecriture Sainte, ils ont compris comment chacun est invité à y entendre une Parole de DieuPrésence réelle du Christ dans sa Parole.

• Puis les enfants sont revenus le Jeudi-Saint, ce fameux soir où Saint Paul raconte le dernier repas de Jésus etSaint Jeancomment Jésus a lavé les pieds de ses disciples, un travail d’esclave… Invitation à croire à la présence réelle du Christ Serviteur dans l’Eucharistie. Ils ont même gestué l’évangile où Jésus lave les pieds de ses disciples.

• Ils sont là aujourd’hui pour avoir part au Corps du Christ dans la communion.

• Ils reviendront pour l’Envoi, où l’on s’entend dire : “Allez !”… vers vos frères… Présence du Christ dans le frère rencontré : “Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi…”

En réalité, Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christ après la messe. Alors accueillons le Christ en communiant. On ne mange pas ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main un trône pour ton autre main qui doit recevoir le Christ”. Et moi je vous invite au sourire en donnant l’eucharistie, et au sourire en la recevant.

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Evangile du Jeudi Saint – 29 mars 2018

Posté par rtireau le 26 mars 2018

J.St

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15. 
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. 
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, 
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, 
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; 
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. 
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » 
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » 
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » 
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » 
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » 
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? 
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. 
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 26 mars 2018

Le Jeudi saint – 29 mars 2018

Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Ce soir, notre table veut être ouverte à tous. Elle le sera à la mesure de notre ouverture à ceux avec qui nous sommes en solidarité (famille, travail, association…). Elle le sera à la mesure de nos gestes d’ouverture à notre communauté (visiter, porter l’Eucharistie, porter la feuille paroissiale, aller chercher quelqu’un qui ne peut se déplacer…) Autant de signes qui permettront à beaucoup (il faudrait que ce soit à tous) de faire eux aussi l’expérience du ressuscité. Il faudrait que ce soit à tous. Quelquefois il nous arrive, à nous célébrants, pour faire plus chaleureux, de transformer la formule rituelle : “Heureux les invités au repas du Seigneur” en “Heureux sommes-nous d’être invités au repas du Seigneur.” On m’a fait remarquer un jour qu’on ne devrait pas faire ça car la réalité c’est bien : “Heureux les invités au repas du Seigneur”… et tous sont invités, pas rien que nous.

Quand saint Jean remplace le récit de l’institution eucharistique par le lavement des pieds, le signe du service, c’est comme un chemin pour comprendre l’Eucharistie. En réalité, la parole de Jésus sur le pain – “Ceci est mon Corps” - exprime d’abord la foi de Jésus en sa propre résurrection. Dieu lui donnera la vie quand il se donnera lui-même pour que les siens vivent. L’essentiel de l’Eucharistie, ce n’est pas le pieux souvenir d’un repas de Jeudi Saint. L’essentiel c’est d’allonger la table à tous les frères pour construire avec eux une famille dont les membres se nourrissent du don de soi du Christ et qui y trouvent l’énergie nécessaire pour se mettre au service.

Dans le mot communion, à peu près tout le monde sait qu’il y a le mot latin cum qui veut dire avec. Mais savez-vous qu’il s’y trouve aussi le mot munus qui signifie fardeau ? Communier engage donc aussi à porter les fardeaux les uns des autres. Voilà l’explication de la joie qu’il y a dans tous les gestes d’entraide : c’est le Seigneur qui continue de ressusciter tout ce qui dans nos vies est partagé par amour. En ouvrant une année eucharistique, il y a 10 ans, Jean-Paul II écrivait : “Ce n’est pas un hasard si, dans l’Évangile de Jean, nous ne trouvons pas le récit de l’institution eucharistique, mais celui du «lavement des pieds» (cf. Jean 13) : en s’agenouillant pour laver les pieds de ses disciples, Jésus explique le sens de l’Eucharistie… C’est à l’amour mutuel que nous serons reconnus comme de véritables disciples du Christ.”

J’ai entendu aussi notre évêque, le Père D’Ornellas, dire un jour : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” C’est pour nous inviter à faire des progrès que nous mettons en valeur à chaque eucharistie la procession des offrandes, pour inciter chacun à apporter sa vie sur l’autel. “Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.”

Notre ancien évêque, le Père Saint Macary disait un jour : “Avez-vous goûté vraiment l’Eucharistie ? Qu’est-ce que vous mettez de votre existence dans ce pain et ce vin offerts ? Avez-vous mis en rapport ce pain et ce vin que vous offrez avec tous les problèmes de société, d’économie et d’écologie qui vous secouent aujourd’hui ? Le Christ les prend avec Lui et vous rend son Esprit pour les affronter ensemble dans l’amour de tous…”  Nous comprenons alors que ce repas eucharistique n’est pas une récompense accordée seulement à ceux qui mènent une vie pieuse et pure. C’est un repas essentiel, partagé par un peuple aux mains sales et aux cœurs abîmés, un peuple fatigué, quelquefois découragé. Oui, ce pain de vie est vraiment un pain de route. Et mes mains, après les avoir ouvertes pour recevoir le Corps du Christ, qu’est-ce que je vais en faire, de mes mains ? “Bougez-vous ! Mettez le feu dans les diocèses ! (Pape François) Ne restez pas enfermés dans vos communautés. L’Église doit sortir dans la rue.”

Je vous propose de vous laisser prendre par ces quelques lignes étonnantes du poète François Cassingena-Trévedy qui écrit depuis son abbaye de Ligugé : J’avais faim… j’avais soif… j’étais étranger… Chaque fois que vous l’avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25). Ce qui est raconté, ce qui est révélé dans cette page monumentale de l’Évangile, c’est la transsubstantiation (le fameux mot que l’Eglise a inventé pour dire que le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ). Jésus passé tout entier dans la substance des pauvres. Jésus tout entier sous l’espèce des pauvres. Jésus devenu toute espèce de pauvre.”

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Homélie

Posté par rtireau le 13 mars 2018

5° dimanche de carême B – 18 mars 2018

Jérémie 31, 31-34 ; Psaume 50 ; Hébreux, 5, 7-9 ; Jean 12, 20-33

Nous sommes tout près de la grande semaine, que nous appelons sainte. Tout devient petit à petit plus intérieur, comme les mots de Jérémie (1ère lecture) au sujet de l’Alliance : “Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur.” L’Alliance n’est plus un contrat mais une manière d’exister. C’est de l’intérieur que l’homme sait comment il doit se comporter devant Dieu qui entretient avec lui une relation de connaissance mutuelle. L’homme découvre Dieu en contemplant Jésus qui chemine vers le Père.

Ce sont les derniers jours de Jésus qui nous révèlent le plus sa relation avec le Père. Jésus laisse voir le dernier moment de sa vie comme un passage. Il en est bouleversé et se met à prier : on se croirait à l’agonie au Jardin de Gethsémani. La voix du ciel retentit comme à la Transfiguration : personne ne peut voir le Père sans être transfiguré. Le Père atteste qu’il est avec Jésus, que sur le chemin de croix brille la gloire de Dieu. Révélation paradoxale : l’amour rayonne en se dévouant jusqu’à l’extrême. Quand Dieu vient habiter un visage et se jeter dans les remous de nos sociétés, voilà comment il laisse voir sa présence éblouissante.

Jésus, dès ses premières paroles publiques en Galilée, avait regardé le grain s’envoler de la main du semeur, se perdre dans les ronces et la rocaille, mais aussi porter du fruit dans la bonne terre. C’était pour lui une image du don que Dieu offre et même gaspille chez les hommes. Jésus avait reconnu le Royaume de Dieu jusque dans la semence qui pousse toute seule, jusque dans la graine la plus minuscule (sénevé) qui va déployer des branches en plein ciel. Mais aujourd’hui, voilà qu’il se présente lui-même comme la semence. Cette histoire de grain de blé est comme une autobiographie. Le grain de blé, c’est lui. Et toutes les résurrections, tous les repas autour du pain d’action de grâces, toute la gloire de Dieu illuminant les visages, tous ces moments sont déjà là à travers une parole, et bientôt (le Jeudi Saint) à travers des gestes. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Le grain de blé qui meurt… pour vivre ! Par sa Pâque, Jésus nous révèle qui est Dieu, et qui est l’homme.

Qui est Dieu ? Non pas le dictateur tout-puissant de nos imaginations. Mais un Dieu qui se donne et qui aime jusqu’au bout : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.” La loi essentielle du mystère de Dieu est celle du grain de blé. Jésus ne garde rien pour lui-même. Il n’est pas tenté par le suicide, mais il vit sa mort comme une solidarité avec l’humanité souffrante. Il ne fait pas de raisonnement devant sa croix, il l’envisage comme des semailles. Durant l’hiver, le grain de blé enfoui dans la terre semble mort. Mais il pointe au printemps et devient épi, promesse de moisson. La vraie mort n’est pas physique, mais c’est plutôt le refus de se donner, le repli stérile sur soi-même.

Qui est l’homme ? Cette révélation du cœur de Dieu est aussi dévoilement de ce qui fait le fond de notre cœur : nous sommes faits, nous aussi, pour le don total de nous-mêmes dans l’amour. Pour nous non plus, pas de plus grand amour que de donner notre vie pour ceux que nous aimons. La loi du grain de blé qui se dissout en terre pour resurgir démultiplié, c’est notre loi à nous aussi qui avons été créés à l’image de Dieu.

Des Grecs, des pèlerins étrangers (début de notre évangile) veulent voir Jésus ? A travers eux, on aperçoit déjà la grande diversité des peuples qui regarderont vers lui au long des siècles. “Quand j’aurai été élevé de terre, disait Jésus, j’attirerai à moi tous les hommes”. Et ça continue avec tous ceux qui lèvent encore les yeux vers la croix. Je pense à ces enfants qui visitaient une église. C’est leur guide qui raconte : “Les enfants écoutent sagement, mais peu à peu, je sens leurs regards scotchés sur la grande rosace multicolore représentant le Christ sur une immense croix. Et des mains se lèvent : « C’est qui le monsieur qui est cloué comme ça ? Pourquoi on lui a fait ça ?»

Grain de blé qui meurt pour vivre ! Nous savons qu’elle est vraie cette annonce. Car tous ceux qui se sont mis à vivre comme Jésus, on a souvent essayé de les faire taire. Quelquefois même on a réussi. Mais chaque fois, ils parlent encore plus fort quand ils sont morts que durant leur vie.

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Homélie

Posté par rtireau le 2 novembre 2017

Jean 12, 24-26

Dans ce texte, nous sommes tout près de la grande semaine, que nous appelons sainte. Ce sont les derniers jours de Jésus. Et ce sont ces derniers jours qui nous révèlent sans doute le plus sa relation avec le Père. Jésus laisse voir le dernier moment de sa vie comme un passage.

Dès ses premières paroles publiques en Galilée, il avait regardé le grain s’envoler de la main du semeur, se perdre dans les ronces et la rocaille, mais aussi porter du fruit dans la bonne terre. C’était pour lui une image du don que Dieu offre et même gaspille chez les hommes.

Jésus avait reconnu le Royaume de Dieu jusque dans la semence qui pousse toute seule, jusque dans la graine la plus minuscule (sénevé) qui va déployer des branches en plein ciel.

Mais aujourd’hui, voilà qu’il se présente lui-même comme la semence. Cette histoire de grain de blé est comme une autobiographie. Le grain de blé, c’est lui. Et toutes les résurrections, tous les repas autour du pain d’action de grâces, toute la gloire de Dieu illuminant les visages, tous ces moments sont déjà là à travers une parole, et bientôt (le Jeudi Saint) à travers des gestes. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.«  Le grain de blé qui meurt… pour vivre ! Par sa Pâque, Jésus nous révèle qui est Dieu, et qui est l’homme.

Qui est Dieu ? Non pas le dictateur tout-puissant de nos imaginations. Mais un Dieu qui se donne et qui aime jusqu’au bout : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.” La loi essentielle du mystère de Dieu est celle du grain de blé. Jésus ne garde rien pour lui-même. Il n’est pas tenté par le suicide, mais il vit sa mort comme une vie donnée en solidarité avec l’humanité souffrante. Il ne fait pas de raisonnement devant sa croix, il l’envisage comme des semailles. Durant l’hiver, le grain de blé enfoui dans la terre semble mort. Mais il pointe au printemps et devient épi, promesse de moisson.

Par sa Pâque, Jésus nous révèle en même temps qui est l’homme.

Qui est l’homme ? Cette révélation du cœur de Dieu est aussi dévoilement de ce qui fait le fond de notre cœur : nous sommes faits, nous aussi, pour le don total de nous-mêmes dans l’amour. Pour nous non plus, pas de plus grand amour que de donner notre vie pour ceux que nous aimons. La loi du grain de blé qui se dissout en terre pour resurgir démultiplié, c’est notre loi à nous aussi qui avons été créés à l’image de Dieu.

Grain de blé qui meurt pour vivre ! Nous savons qu’elle est vraie cette annonce. Car tous ceux qui se sont mis à vivre comme Jésus, on a souvent essayé de les faire taire. Quelquefois même on y a réussi. Mais chaque fois, ils parlent encore plus forts quand ils sont morts que durant leur vie.

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