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Homélie

Posté par rtireau le 24 mai 2018

Fête de la Trinité dans l’année B - 27 mai 2018

Deutéronome 4, 32-34; 39-40 ; Psaume 32 ; Romains 8, 14-17 ; Matthieu 28, 16-20

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moments de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet quand il était évêque de Poitiers, met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence. Vous êtes venus pour une raison relationnelleforte, une raison d’amitié ou d’affection. Vous avez eu raison. On l’a souvent remarqué, Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnellede bouger, aux baptêmes, aux mariages, aux obsèques… Tertullien, un père de l’Eglise du 3° siècle vous aurait dit que vous êtes venus pour ce qu’il appelait le “sacrement du frère.” (ou du petit frère, ou du petit fils).

TrinitéLe mot est lâché ? Compliqué ? Pas plus que nos familles humaines. Personne n’a attendu de savoir ce qu’est une famille pour venir au monde et y vivre. La Trinité, ce n’est pas un truc d’intellectuels,c’est le mot que l’Eglise a trouvé pour formuler ce que nous disent de Dieu le livre Evangile et la vie que nous vivons

dans l’EvangileJésusparle du Pèredont il reçoit tout ; et quand il s’en va, il annonce qu’il nous enverra l’Esprit ; 

dans notre vie, Dieu Trinité aide à comprendre qui nous sommes. Pourquoi si différents les uns des autres ? Parce que nous sommes créés à l’image d’unDieu-pluriel.

La Trinité n’est pas une énigme. C’est une clépour comprendre qui nous sommes :Jésus dit qu’il nous est possible de connaître le Père“Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Filsunique,…  lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui 1’a fait connaître.(Jean1, 18). Jean-Noël Besançon a une belle formule : Jésus, tout le portrait de son Père !” Ce visage, Saint Jean le décrit en ces mots : “Dieu est amour” (1 Jean 4, 8).Jésus parle de Dieu comme nous parlons d’amour. 

L’Evangile d’aujourd’hui nous dit :“Allez !… Faites des disciples”.Non pas : cherchez des adhérents. Mais allez. Aller, c’est partir, quitter, être libre. Aller, c’est signe de confiance. Va! C’est une décision. Il s’agit d’apprendre à garder les commandements autrement qu’au frigo. Le seul commandement c’est d’aimer ! Une jeune fille avait un jour formulé joliment cette richesse que chacun de nous porte en lui : “Dieu est le seul bonheur gratuit auquel tout le monde a droit”.

Des enfants commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ ! Beaucoup aimeraient qu’on explique. Non ! Il ne faut pas expliquer. Car ce n’est pas compliqué, c’est mystérieux. Et un mystère ce n’est pas : “y’a rien à comprendre”, mais “il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.”C’est pour ça que pour commencer à communier on se met en chemin longuement. Savez-vous que les enfants en sont à leur 4° rendez-vous ici ?

• Ils sont venus en octobre pour observer le temps de l’accueil… “Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là.” Présence réelle du Christ dans notre rassemblement.

• Ils sont revenus pour le temps de la Parole. Et ils ont compris que ce livre que tout le monde appelle La Bible, que beaucoup appellent l’Ecriture Sainte, ils ont compris comment chacun est invité à y entendre une Parole de DieuPrésence réelle du Christ dans sa Parole.

• Puis les enfants sont revenus le Jeudi-Saint, ce fameux soir où Saint Paul raconte le dernier repas de Jésus etSaint Jeancomment Jésus a lavé les pieds de ses disciples, un travail d’esclave… Invitation à croire à la présence réelle du Christ Serviteur dans l’Eucharistie. Ils ont même gestué l’évangile où Jésus lave les pieds de ses disciples.

• Ils sont là aujourd’hui pour avoir part au Corps du Christ dans la communion.

• Ils reviendront pour l’Envoi, où l’on s’entend dire : “Allez !”… vers vos frères… Présence du Christ dans le frère rencontré : “Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi…”

En réalité, Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christ après la messe. Alors accueillons le Christ en communiant. On ne mange pas ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main un trône pour ton autre main qui doit recevoir le Christ”. Et moi je vous invite au sourire en donnant l’eucharistie, et au sourire en la recevant.

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Evangile du Jeudi Saint – 29 mars 2018

Posté par rtireau le 26 mars 2018

J.St

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15. 
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. 
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, 
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, 
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; 
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. 
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » 
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » 
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » 
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » 
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » 
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? 
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. 
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » 

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Homélie

Posté par rtireau le 26 mars 2018

Le Jeudi saint – 29 mars 2018

Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Ce soir, notre table veut être ouverte à tous. Elle le sera à la mesure de notre ouverture à ceux avec qui nous sommes en solidarité (famille, travail, association…). Elle le sera à la mesure de nos gestes d’ouverture à notre communauté (visiter, porter l’Eucharistie, porter la feuille paroissiale, aller chercher quelqu’un qui ne peut se déplacer…) Autant de signes qui permettront à beaucoup (il faudrait que ce soit à tous) de faire eux aussi l’expérience du ressuscité. Il faudrait que ce soit à tous. Quelquefois il nous arrive, à nous célébrants, pour faire plus chaleureux, de transformer la formule rituelle : “Heureux les invités au repas du Seigneur” en “Heureux sommes-nous d’être invités au repas du Seigneur.” On m’a fait remarquer un jour qu’on ne devrait pas faire ça car la réalité c’est bien : “Heureux les invités au repas du Seigneur”… et tous sont invités, pas rien que nous.

Quand saint Jean remplace le récit de l’institution eucharistique par le lavement des pieds, le signe du service, c’est comme un chemin pour comprendre l’Eucharistie. En réalité, la parole de Jésus sur le pain – “Ceci est mon Corps” - exprime d’abord la foi de Jésus en sa propre résurrection. Dieu lui donnera la vie quand il se donnera lui-même pour que les siens vivent. L’essentiel de l’Eucharistie, ce n’est pas le pieux souvenir d’un repas de Jeudi Saint. L’essentiel c’est d’allonger la table à tous les frères pour construire avec eux une famille dont les membres se nourrissent du don de soi du Christ et qui y trouvent l’énergie nécessaire pour se mettre au service.

Dans le mot communion, à peu près tout le monde sait qu’il y a le mot latin cum qui veut dire avec. Mais savez-vous qu’il s’y trouve aussi le mot munus qui signifie fardeau ? Communier engage donc aussi à porter les fardeaux les uns des autres. Voilà l’explication de la joie qu’il y a dans tous les gestes d’entraide : c’est le Seigneur qui continue de ressusciter tout ce qui dans nos vies est partagé par amour. En ouvrant une année eucharistique, il y a 10 ans, Jean-Paul II écrivait : “Ce n’est pas un hasard si, dans l’Évangile de Jean, nous ne trouvons pas le récit de l’institution eucharistique, mais celui du «lavement des pieds» (cf. Jean 13) : en s’agenouillant pour laver les pieds de ses disciples, Jésus explique le sens de l’Eucharistie… C’est à l’amour mutuel que nous serons reconnus comme de véritables disciples du Christ.”

J’ai entendu aussi notre évêque, le Père D’Ornellas, dire un jour : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” C’est pour nous inviter à faire des progrès que nous mettons en valeur à chaque eucharistie la procession des offrandes, pour inciter chacun à apporter sa vie sur l’autel. “Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.”

Notre ancien évêque, le Père Saint Macary disait un jour : “Avez-vous goûté vraiment l’Eucharistie ? Qu’est-ce que vous mettez de votre existence dans ce pain et ce vin offerts ? Avez-vous mis en rapport ce pain et ce vin que vous offrez avec tous les problèmes de société, d’économie et d’écologie qui vous secouent aujourd’hui ? Le Christ les prend avec Lui et vous rend son Esprit pour les affronter ensemble dans l’amour de tous…”  Nous comprenons alors que ce repas eucharistique n’est pas une récompense accordée seulement à ceux qui mènent une vie pieuse et pure. C’est un repas essentiel, partagé par un peuple aux mains sales et aux cœurs abîmés, un peuple fatigué, quelquefois découragé. Oui, ce pain de vie est vraiment un pain de route. Et mes mains, après les avoir ouvertes pour recevoir le Corps du Christ, qu’est-ce que je vais en faire, de mes mains ? “Bougez-vous ! Mettez le feu dans les diocèses ! (Pape François) Ne restez pas enfermés dans vos communautés. L’Église doit sortir dans la rue.”

Je vous propose de vous laisser prendre par ces quelques lignes étonnantes du poète François Cassingena-Trévedy qui écrit depuis son abbaye de Ligugé : J’avais faim… j’avais soif… j’étais étranger… Chaque fois que vous l’avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait» (Mt 25). Ce qui est raconté, ce qui est révélé dans cette page monumentale de l’Évangile, c’est la transsubstantiation (le fameux mot que l’Eglise a inventé pour dire que le pain et le vin deviennent le corps et le sang du Christ). Jésus passé tout entier dans la substance des pauvres. Jésus tout entier sous l’espèce des pauvres. Jésus devenu toute espèce de pauvre.”

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Homélie

Posté par rtireau le 13 mars 2018

5° dimanche de carême B – 18 mars 2018

Jérémie 31, 31-34 ; Psaume 50 ; Hébreux, 5, 7-9 ; Jean 12, 20-33

Nous sommes tout près de la grande semaine, que nous appelons sainte. Tout devient petit à petit plus intérieur, comme les mots de Jérémie (1ère lecture) au sujet de l’Alliance : “Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur.” L’Alliance n’est plus un contrat mais une manière d’exister. C’est de l’intérieur que l’homme sait comment il doit se comporter devant Dieu qui entretient avec lui une relation de connaissance mutuelle. L’homme découvre Dieu en contemplant Jésus qui chemine vers le Père.

Ce sont les derniers jours de Jésus qui nous révèlent le plus sa relation avec le Père. Jésus laisse voir le dernier moment de sa vie comme un passage. Il en est bouleversé et se met à prier : on se croirait à l’agonie au Jardin de Gethsémani. La voix du ciel retentit comme à la Transfiguration : personne ne peut voir le Père sans être transfiguré. Le Père atteste qu’il est avec Jésus, que sur le chemin de croix brille la gloire de Dieu. Révélation paradoxale : l’amour rayonne en se dévouant jusqu’à l’extrême. Quand Dieu vient habiter un visage et se jeter dans les remous de nos sociétés, voilà comment il laisse voir sa présence éblouissante.

Jésus, dès ses premières paroles publiques en Galilée, avait regardé le grain s’envoler de la main du semeur, se perdre dans les ronces et la rocaille, mais aussi porter du fruit dans la bonne terre. C’était pour lui une image du don que Dieu offre et même gaspille chez les hommes. Jésus avait reconnu le Royaume de Dieu jusque dans la semence qui pousse toute seule, jusque dans la graine la plus minuscule (sénevé) qui va déployer des branches en plein ciel. Mais aujourd’hui, voilà qu’il se présente lui-même comme la semence. Cette histoire de grain de blé est comme une autobiographie. Le grain de blé, c’est lui. Et toutes les résurrections, tous les repas autour du pain d’action de grâces, toute la gloire de Dieu illuminant les visages, tous ces moments sont déjà là à travers une parole, et bientôt (le Jeudi Saint) à travers des gestes. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. » Le grain de blé qui meurt… pour vivre ! Par sa Pâque, Jésus nous révèle qui est Dieu, et qui est l’homme.

Qui est Dieu ? Non pas le dictateur tout-puissant de nos imaginations. Mais un Dieu qui se donne et qui aime jusqu’au bout : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.” La loi essentielle du mystère de Dieu est celle du grain de blé. Jésus ne garde rien pour lui-même. Il n’est pas tenté par le suicide, mais il vit sa mort comme une solidarité avec l’humanité souffrante. Il ne fait pas de raisonnement devant sa croix, il l’envisage comme des semailles. Durant l’hiver, le grain de blé enfoui dans la terre semble mort. Mais il pointe au printemps et devient épi, promesse de moisson. La vraie mort n’est pas physique, mais c’est plutôt le refus de se donner, le repli stérile sur soi-même.

Qui est l’homme ? Cette révélation du cœur de Dieu est aussi dévoilement de ce qui fait le fond de notre cœur : nous sommes faits, nous aussi, pour le don total de nous-mêmes dans l’amour. Pour nous non plus, pas de plus grand amour que de donner notre vie pour ceux que nous aimons. La loi du grain de blé qui se dissout en terre pour resurgir démultiplié, c’est notre loi à nous aussi qui avons été créés à l’image de Dieu.

Des Grecs, des pèlerins étrangers (début de notre évangile) veulent voir Jésus ? A travers eux, on aperçoit déjà la grande diversité des peuples qui regarderont vers lui au long des siècles. “Quand j’aurai été élevé de terre, disait Jésus, j’attirerai à moi tous les hommes”. Et ça continue avec tous ceux qui lèvent encore les yeux vers la croix. Je pense à ces enfants qui visitaient une église. C’est leur guide qui raconte : “Les enfants écoutent sagement, mais peu à peu, je sens leurs regards scotchés sur la grande rosace multicolore représentant le Christ sur une immense croix. Et des mains se lèvent : « C’est qui le monsieur qui est cloué comme ça ? Pourquoi on lui a fait ça ?»

Grain de blé qui meurt pour vivre ! Nous savons qu’elle est vraie cette annonce. Car tous ceux qui se sont mis à vivre comme Jésus, on a souvent essayé de les faire taire. Quelquefois même on a réussi. Mais chaque fois, ils parlent encore plus fort quand ils sont morts que durant leur vie.

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Homélie

Posté par rtireau le 2 novembre 2017

Jean 12, 24-26

Dans ce texte, nous sommes tout près de la grande semaine, que nous appelons sainte. Ce sont les derniers jours de Jésus. Et ce sont ces derniers jours qui nous révèlent sans doute le plus sa relation avec le Père. Jésus laisse voir le dernier moment de sa vie comme un passage.

Dès ses premières paroles publiques en Galilée, il avait regardé le grain s’envoler de la main du semeur, se perdre dans les ronces et la rocaille, mais aussi porter du fruit dans la bonne terre. C’était pour lui une image du don que Dieu offre et même gaspille chez les hommes.

Jésus avait reconnu le Royaume de Dieu jusque dans la semence qui pousse toute seule, jusque dans la graine la plus minuscule (sénevé) qui va déployer des branches en plein ciel.

Mais aujourd’hui, voilà qu’il se présente lui-même comme la semence. Cette histoire de grain de blé est comme une autobiographie. Le grain de blé, c’est lui. Et toutes les résurrections, tous les repas autour du pain d’action de grâces, toute la gloire de Dieu illuminant les visages, tous ces moments sont déjà là à travers une parole, et bientôt (le Jeudi Saint) à travers des gestes. « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit.«  Le grain de blé qui meurt… pour vivre ! Par sa Pâque, Jésus nous révèle qui est Dieu, et qui est l’homme.

Qui est Dieu ? Non pas le dictateur tout-puissant de nos imaginations. Mais un Dieu qui se donne et qui aime jusqu’au bout : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.” La loi essentielle du mystère de Dieu est celle du grain de blé. Jésus ne garde rien pour lui-même. Il n’est pas tenté par le suicide, mais il vit sa mort comme une vie donnée en solidarité avec l’humanité souffrante. Il ne fait pas de raisonnement devant sa croix, il l’envisage comme des semailles. Durant l’hiver, le grain de blé enfoui dans la terre semble mort. Mais il pointe au printemps et devient épi, promesse de moisson.

Par sa Pâque, Jésus nous révèle en même temps qui est l’homme.

Qui est l’homme ? Cette révélation du cœur de Dieu est aussi dévoilement de ce qui fait le fond de notre cœur : nous sommes faits, nous aussi, pour le don total de nous-mêmes dans l’amour. Pour nous non plus, pas de plus grand amour que de donner notre vie pour ceux que nous aimons. La loi du grain de blé qui se dissout en terre pour resurgir démultiplié, c’est notre loi à nous aussi qui avons été créés à l’image de Dieu.

Grain de blé qui meurt pour vivre ! Nous savons qu’elle est vraie cette annonce. Car tous ceux qui se sont mis à vivre comme Jésus, on a souvent essayé de les faire taire. Quelquefois même on y a réussi. Mais chaque fois, ils parlent encore plus forts quand ils sont morts que durant leur vie.

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Homélie

Posté par rtireau le 22 mai 2017

Fête de l’Ascension du Seigneur – A -  25 mai 2017 – 1ère des  communions

Actes 1, 1-11 ; Psaume 46 ; Ephésiens 1, 17-23 ; Matthieu 28, 16-20

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moment de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet, évêque de Poitiers, “met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence.” Vous êtes venus pour une raison relationnelle forte. Vous avez eu raison. D’ailleurs, on l’a souvent remarqué, Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnelle de bouger. Aux baptêmes, aux mariages, aux obsèques, aux ordinations… Tertullien, père de l’Eglise du 3° siècle, vous aurait dit que vous êtes venus grâce à ce qu’il appelait le sacrement du frère. (ou du petit frère ou du petit fils).

Ascension – Pentecôte : deux fêtes qui ne font qu’une… et qui disent un message fort sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et moins de rêveurs à l’affût de miracles ou d’interventions magiques de Dieu.

Ascension – Pentecôte : message de la présence dans l’absence. Compliqué ? Non ! On a tous sur nos tables de nuit des objets qui sont là pour dire la présence de quelqu’un qui est loin. Nos textes aussi parlent de cette présence mystérieuse : “Vous allez recevoir une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous… (1ère lecture) ; “Moi, je suis avec vous jusqu’à la fin du monde” (Evangile de Matthieu.)

Des enfants commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ ! Beaucoup aimeraient qu’on explique. Non ! Il ne faut pas expliquer. En effet, ce n’est pas compliqué, c’est mystérieux. Et un mystère, ce n’est pas : “circulez, y’a rien à voir”, mais “scrutez car il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.” C’est pour ça que dans notre diocèse, pour commencer à communier on se met en chemin longuement. Savez-vous que les enfants en sont à leur 4° rendez-vous avec notre assemblée ?

• Ils sont venus en octobre avec mission d’observer le temps de l’accueil“Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là.” Présence réelle du Christ dans notre rassemblement.

• Ils sont revenus un jour jusqu’à la fin du temps de la Parole. Et ils ont compris au sujet de ce livre que tout le monde appelle La Bible, ils ont compris pourquoi beaucoup l’appellent Ecriture Sainte et comment chacun est invité à y entendre une Parole de Dieu. Présence réelle du Christ dans sa Parole.

• Et les enfants sont revenus le Jeudi-Saint, ce fameux soir où Saint Paul raconte le dernier repas de Jésus et Saint Jean dit comment Jésus a lavé les pieds de ses disciples, un travail d’esclave… Invitation à croire à la présence réelle du Christ Serviteur dans l’Eucharistie. Et ils ont même gestué le fameux parcours du pain dont je vous ai dit un mot en vous accueillant.

• Ils sont revenus aujourd’hui pour avoir part au Corps du Christ dans la communion.

• Ils reviendront pour le temps de l’Envoi, où l’on s’entend dire : “Allez !”… vers vos frères… Présence du Christ dans le frère rencontré : “Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi…”

En réalité, Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christ après la messe. Alors soyons bien réveillés pour accueillir le Christ en communiant. Car on ne mange pas de ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite qui doit recevoir le Christ”. J’ajoute que je vous invite à avoir le sourire en donnant l’eucharistie, et le sourire en la recevant.

L’Ascension nous apprend à ne pas mettre la main sur Jésus. Le Christ échappe aux disciples. Il nous oblige à croire en sa nouvelle manière d’être présent. L’Ascension nous dit le sens profond de l’Eucharistie : Jésus n’a plus à être à nos côtés : il veut être en nous. Il n’a plus à être notre compagnon de route : il est notre force pour marcher. Il n’a plus à être vu : il devient notre regard. Il n’a plus à être notre ami : il est devenu notre force d’aimer. Nous sommes désormais sa présence près de nos frères. Jésus, par nos mains, nos yeux, nos lèvres, nos pieds et notre cœur, veut continuer sans cesse à aimer, à rencontrer et à sauver tous les hommes. Le pape saint Léon disait tout ça d’une courte phrase : “L’Ascension du Christ est notre promotion.”

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Evangile de la fête du Jeudi Saint – 13 avril 2017

Posté par rtireau le 9 avril 2017

jeudi.saint.lavement

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,1-15. 
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. 
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, 
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, 
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; 
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. 
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » 
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » 
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » 
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » 
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » 
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? 
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. 
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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Homélie

Posté par rtireau le 9 avril 2017

Le Jeudi saint – 13 avril 2017

Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15 

Notre évêque, le Père D’Ornellas, a dit un jour : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” Savez-vous que c’est pour nous inviter à faire des progrès dans ce sens que nous mettons en valeur, à chaque eucharistie, l’apport du pain et du vin. On appelle ça la procession des offrandes. C’est pour inciter chacun à venir à l’église avec son pain et son vin, c’est à dire sa vie. “Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.” Quand il y a l’eucharistie à des obsèques, si vous saviez comme c’est un grand moment pour des proches du défunt d’apporter le pain et le vin sur l’autel : c’est toute la vie de celle ou de celui qu’ils ont aimé.

Rappelez-vous la phrase du célébrant pour l’offrande : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain (mouvement de Dieu vers l’homme), fruit de la terre et du travail des hommes ? Nous te le présentons (mouvement de l’homme vers Dieu). Il deviendra le pain de la vie éternelle (mouvement de Dieu vers l’homme). On a souvent focalisé la présence du Christ dans le pain consacré. Or le Christ est présent beaucoup plus largement. Il nous l’a annoncé lui-même en nous quittant (Nous le rappelons à la fête de l’Ascension) : “Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps” (Mt 28, 20)

 Pour en revenir à la célébration de l’Eucharistie, les enfants qui se préparent à communier ont réfléchi à la présence du Christ à chacun des 4 moments de la messe. On en a parlé aussi avec leurs parents : on a appelé ça le parcours du Pain et du vin. Un parcours en quatre moments :

1er moment : Dès qu’on se rassemble le Christ est présent dans l’assemblée des fidèles réunis en son nom : “Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux.” (Mt 18, 20) Et grâce à tous ceux qui ont apporté le pain de leur vie, le parcours du pain est déjà commencé. Il se trouve, ce pain, sur une table au milieu de notre assemblée.

2ème moment : On écoute la Parole. Le Christ se fait présent par sa Parole : “le Verbe s’est fait chair.”Le Verbe, c’est le Christ, Parole de Dieu. “Personne n’a jamais vu Dieu, dit Saint Jean, le Fils unique qui est dans le sein du Père, nous l’a dévoilé.” (Jean 1, 18). “Tout le portrait de son Père”, disait avec humour le Père Jean-Noël Besançon. C’est à la fin de ce temps qu’on apporte les offrandes sur l’autel. Voilà que le pain de nos vies arrive sur l’autel.

 3ème moment : Le Christ est présent à travers celui qui a été ordonné prêtre, et dans le pain et le vin consacrés et partagés en mémoire du dernier repas de Jésus. Le pain est arrivé sur l’autel. Et là, il est pris dans la grande prière eucharistique qui fait mémoire du dernier repas de Jésus. Ce jour où Jésus prit du pain (Jeudi Saint, aujourd’hui) et prononça le Récit de l’institution eucharistique, ce que nous redisons à chaque messe en mémoire de lui, comme il nous y a invités : “Faites ceci en mémoire de moi”. Et le pain devient la présence du Christ sur l’autel à travers le sacrement de l’Eucharistie. C’est alors qu’il nous est redonné en communion : il fait mouvement vers nous. Alors nous devenons la présence du Christ. “Nous sommes le Corps du Christ”, comme dit le cantique que nous aimons bien.

4ème moment : Nous sommes envoyés révéler cette présence dans nos quartiers. Oh le Christ ne nous a pas attendus pour y être présent comme il nous l’a promis : “Moi, je suis avec vous tous les jours…” (Mt 28, 20). Il y est déjà présent, mais c’est à nous de prendre au sérieux cette présence pour aider à la rendre visible. Saint Matthieu le dit dans son chapitre 25 que tout chrétien connaît bien: “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.”

J’ai envie de conclure par ce petit mot de Timothy Radcliffe : “Dans l’Eglise primitive, il y avait un lien profond entre le soin des pauvres et l’admission à l’eucharistie. Quand des gens demandaient le baptême, on leur posait des questions comme : “Ont-ils visité les malades ? Ont-ils fait toute espèce de bonnes œuvres ?“ Ça veut dire que le soin du pauvre n’est pas seulement un beau geste que je fais en tant que chrétien, mais que cette générosité fait partie de ma foi chrétienne.

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Homélie

Posté par rtireau le 5 avril 2017

Dimanche des Rameaux A – 13 avril 2014

Isaïe 50, 4-7 ; Psaume 21 ; Philippiens 2, 6-11 ; Matthieu 26, 14 – 27, 66

Nous venons d’entendre le récit de la Passion de Jésus. La Passion, c’est d’abord une situation que l’on subit. Dépendance totale pour Jésus puisque on est allé jusqu’à le condamner à mort. Mais pour lui, cette passion passive est la conséquence d’une vie pleine de passion au sens actif. Sa passion c’était de donner à chacun une nouvelle chance. Il disait à tous : vous pouvez vivre debout, solidaires, comme des frères. C’est cette passion qu’on a voulu arrêter en le mettant à mort. Vous avez bien compris que nous sommes rassemblés pour faire mémoire de la mort de Jésus, mais aussi pour essayer de vivre la même passion que lui.

Il y a trois niveaux de récit dans ce que nous venons d’entendre :

- Il y a le récit de saint Matthieu qui décrit l’événement pour que toutes les générations sachent ce qui s’est passé et n’inventent pas leur propre récit. Ce niveau de lecture est surtout information. Il n’appelle pas vraiment notre foi.

- Le 2ème niveau, lui, appelle notre adhésion de foi. Jésus n’est pas seulement livré aux hommes, il se livre lui même : “Ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne”. Nous croyons que ce ne sont pas les événements qui guident Jésus, mais sa fidélité au Père. Avant même que Judas ne sorte pour le livrer, Jésus, nous le croyons, a déjà offert son corps et son sang. Ni Judas, ni Pilate, ni personne ne pourront prendre ce qu’il a déjà donné. Cette lecture du récit est déjà pour nous, un acte de foi.

- Le 3ème degré de lecture est une question : comment ce récit me rejoint-il ? Qu’est ce que je retiens ? Quelle attitude du Christ ? De toutes ces paroles, laquelle est pour moi ? De tous ces silences, lequel est pour moi aujourd’hui ? Oui, je peux laisser se réaliser en moi ce que nous allons célébrer en trois jours : le Jeudi Saint : “ceci est mon corps” sur l’Eucharistie ; le Vendredi Saint : “ceci est mon corps” sur la croix ; et le Dimanche Saint, jour de Pâques : “ceci est mon corps” ressuscité.

En réalité, aujourd’hui nous ne fêtons pas les rameaux, nous les recevons. Nous les recevons comme un signe que nous mettrons dans nos maisons pour que notre vie soit exposée à la vie du Christ. La vie de nos proches, la vie de ceux qui nous ont quittés, toutes nos histoires se récapitulent dans cette histoire où Dieu a pris la condition humaine. C’est pour ça que cette semaine est appelée Sainte, parce qu’elle donne un sens aux 51 autres semaines de notre quotidien.

Les Rameaux sans la Passion, ce serait tomber dans la superstition en attribuant des pouvoirs magiques à de simples feuillages. Ce serait se tromper sur la royauté de Jésus : il n’est vraiment roi que sur la croix, lorsqu’il fait, par amour, le don total de sa vie. Nous sommes nombreux aujourd’hui à le suivre pour la fête des rameaux : c’est bien. Combien serons-nous à le suivre lorsqu’il s’agira d’être disciples de celui qui s’est fait serviteur ? Les Rameaux sans la Passion, ce serait se tromper de bonheur : Jésus ne promet pas un bonheur facile. Sur son chemin, tôt ou tard il nous faudra rencontrer la croix. Mais la Passion sans les Rameaux, ce serait se complaire dans la douleur. Ce ne sont pas les souffrances du Christ qui sauvent, c’est l’amour qu’elles révèlent qui sauve ! La croix du Christ n’est fierté pour nous que parce qu’il est le Ressuscité ! Son chemin, même difficile, est bonne nouvelle parce qu’il ne s’est pas arrêté au Golgotha !

Ecoutez, pour conclure, cette belle profession de foi de mon ami théologien Jean-Yves Baziou : “Tenir aujourd’hui que cet homme de Dieu demeure vif au point de susciter encore des itinéraires et des vies habitées par le don, le pardon ou l’abandon, n’est-ce pas tout simplement maintenir vivant l’espoir fou que l’avenir de notre monde ne réside pas dans la puissance guerrière ou agressive mais dans le moindre geste de générosité et de bonté. Telle est la force dans laquelle Jésus a mis tout son cœur et qu’il comprenait comme étant le cœur même de Dieu.”

Dieu a rendu Jésus à la vie au matin de Pâques. Durant la nuit pascale, toi catéchumène, tu seras illuminé ; et toi, déjà baptisé, tu seras renouvelé. Tous les deux, soyez donc des PASSIONNES.

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Evangile du jeudi Saint – 24 mars 2016

Posté par rtireau le 21 mars 2016

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Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,1-15. 
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. 
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, 
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, 
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; 
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. 
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » 
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » 
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » 
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » 
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » 
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » 
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? 
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. 
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. 
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. 

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