Résultats de votre recherche

Homélie

Posté par rtireau le 18 avril 2018

4° dimanche de Pâques dans l’année B - 22 avril 2018

Actes 4, 8-12 ; Psaume 117 ; 1 Jean 3, 1-2 ; Jean 10, 11-18

Pierre est convoqué devant le grand conseil après la guérison du boiteux de la belle porte : Vous nous demandez comment cet homme a été remis debout ?  Sachez-le, il a été guéri grâce au nom de Jésus le Nazaréen crucifié par vous, ressuscité par Dieu !A la question : qui a pu remettre debout cet homme, Pierre répond avec ce que les exégètes appellent le kérygme, le résumé de la foi chrétienne : ce Jésus que vous avez mis à mort, Dieu l’a ressuscité, nous en sommes témoins. C’est lui qui peut guérir.Car celui qui a donné sa vie par amour, Dieu ne l’a pas abandonné à la mort.Il est la pierre méprisée de vous, … mais devenue la pierre d’angle. Pas la plus grosse ou la plus belle, mais une pierre d’angle sans laquelle tout s’écroule. Ce n’est pas moi qui guéris, c’est lui, dit Pierre. C’est “par lui, avec lui et en lui…”comme dit la liturgie. La fin du texte : “en nul autre que lui, il n’y a de salut”peut donner l’impression d’évincer ceux qui ne sont pas chrétiens. Non, chacun est bien habité de cette présence mystérieuse du Christ, comme le dit Saint Jean dans son chapitre 14 : “L’Esprit demeure en vous.” Chacunest bien habité du Christ ressuscité, qu’il en soit conscient ou non, qu’il en témoigne ou non.

“Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger, qui donne sa vie pour ses brebis.”Jésus se compare au berger d’orient, ce rude nomade capable de vivre à la duredans le désert, ce courageux guerrier à qui il arrive d’avoir à se battre contre les bêtes sauvages. On n’aime pas beaucoup l’image du troupeau : ça fait un peu moutonnier. Mais si on a en tête le résumé de la foi chrétienne, le kérygme de la 1èrelecture, on peut comprendre ce nom de pasteurdu troupeau que Jésus s’attribue. 

Car il est lui-même le berger qui donne sa vie pour ses brebis.Pour lui, le troupeau, ce sont d’abord ces brebis exposées aux loups et à tous les dangers du désert si elles ne sont pas rassemblées. “Un chrétien seul est un chrétien en danger”aime à dire le Cardinal Danneels. Moi je crois qu’un chrétien seul n’est pas un chrétien ? Car ça fait partie de la définition du chrétien que de se rassembler avec d’autres pour partager et pour prier. Sinon, on est sans doute croyant,mais pas encore chrétien.

“Tu vas toujours à ta psychothérapie de groupe”demandait quelqu’un à un chrétien ? Il avait bien compris, celui-là, l’intérêt qu’il y a à se rassembler entre chrétiens.

“Ah oui, tu es chrétien parce que tu as eu des problèmes de santé ?”Réponse de l’interrogé : “Non, c’est parce que des gens m’ont donné envie de vivre.”

Le Christ berger donne sa vie pour rassembler ses brebisDonner sa vie pour que ceux qu’on aime ne se retrouvent pas seuls. On a toujours tendance à croire que donner sa vie est quelque chose d’héroïque. C’est quelquefois vrai. Mais donner sa vie, ou un peu de sa vie, pour ne pas laisser isolés ceux qu’on aime, c’est aussi tout à fait quotidien. Je me rappelle, il y a longtemps, ce jeune de 13 ans, hospitalisé, qui voit arriver le copain qui lui apporte son radio K7. Et sa phrase étonnante : “Tu m’as sauvé.”(C’était bien de l’extraordinaire dans le quotidien). Je pense aussi à cette réflexion qui se passe de commentaire : “Si tu ne m’avais pas téléphoné alors que j’étais au plus bas, je ne sais pas ce que j’aurais fait.” Et j’admire ceux qui ont l’art d’inviter en même temps tels amis et tels autres parce qu’ils pressentent que ça leur fera du bien de se rencontrer.

L’Eglise a choisi les textes d’aujourd’hui pour la journée mondiale des vocations. Bonne idée parce que c’est la vocation de chacunque de rassembler. Ça commence même dès la cour de récréation. Même enfant on peut faire le lien entre sa vie et celle du Christ comme cette jeune fille de 12 ans : “Moi, il n’y a pas longtemps que j’ai compris quelque chose à Jésus. Dans mon école il y avait une fille de mon âge que personne ne voulait voir parce qu’elle est un peu handicapée, et pas très dégourdie. Tout le monde s’en moquait. Jamais elle ne pouvait jouer avec les autres. Un jour ça m’a tellement fait mal que j’ai pris sa défense. Alors, tout de suite, j’ai été mise au même rang. On était dans notre coin toutes les deux. Jusqu’au jour où ils sont venus me chercher pour jouer parce qu’il leur manquait quelqu’un. Alors j’ai dit : “D’accord, mais avec elle, sinon, j’y vais pas.” Ils nous ont prises. Et elle a été un petit peu accueillie à partir de ce jour-là.” Et elle ajoutait : “J’ai compris un peu ce jour-là l’histoire de Jésus. C’était forcé, avec tous ceux qu’il a défendus, c’était forcé qu’il finisse sur une croix.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 11 avril 2018

3° dimanche de Pâques dans l’année B – 15 avril 2018

Actes 3, 13-15.17-19 ; Psaume 4 ; 1Jean 2, 1-5a ; Luc 24, 35-48

“Les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.” Voilà des amis qui partagent un moment important qu’ils viennent de vivre. On en a tous en mémoire des moments comme ça où le ressuscité est là comme il l’avait annoncé : “Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” (Matthieu 18, 20)

« On imagine, dit Gabriel Ringlet, qu’au retour des disciples d’Emmaüs ça discute ferme chez les Onze et leurs compagnons. Il y a de la joie sans doute, du scepticisme aussi, et de l’émotion quand les deux partagent leur vie comme un morceau de pain. Et voilà que, sans crier gare, Jésus leur dit bonsoir : “La paix soit avec vous.” Là, ils dégringolent, “saisis de frayeur et de crainte.” Alors lui, comme s’ils étaient dans un cabinet médical, – St Luc était médecin – leur propose une auscultation : “Voyez… touchez… regardez… constatez.” “Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire.” Il arrive, de fait, que la joie paralyse : c’est trop beau pour être vrai. Est-ce la peur d’être déçu, de se faire illusion ? Alors, très sagement, on ferme la porte, on se refuse la permission d’y croire. Voyant qu’ils n’osaient pas être heureux, Jésus leur demande s’ils ont quelque chose à manger. Ils lui offrent du poisson grillé. Mais, très curieusement, comme si les disciples avaient l’appétit coupé, on dirait qu’ils s’abstiennent et le regardent manger. Voilà peut-être le basculement du texte et le signe le plus fort : voyant qu’ils n’osaient pas être heureux, “il prit le poisson et le mangea devant eux.” Comme s’il fallait passer à table pour que la joie renaisse, petit à petit, au cœur du dénuement, dans la fragilité. Et dans l’amitié. »

Alors il est là, et il leur offre ce que personne d’autre ne sait offrir : sa paix. Oh ! Ils n’y croient pas du premier coup. C’est d’abord la stupeur et la crainte. Puis, petit à petit, c’est la joie, avec encore de l’étonnement. Il faut manger ensemble pour que ça devienne croyable. Ça change tout de manger ensemble. En fait c’est le repas d’Emmaüs qui recommence, comme celui qui nous rassemble aujourd’hui. Alors ils se sentent des ailes pour repartir, des ailes de témoins. Pensez donc : il est vivant, celui que l’on croyait mort. 

Tous ceux qui ont l’expérience d’une équipe liturgique, rappelez-vous : on lit d’abord les textes ; on y réfléchit ; on fait la part du merveilleux et de la réalité ; on fait un brin d’exégèse comme dit le mot savant. Et c’est intéressant, mais on sent que ça ne va pas très loin. Et puis, si tout d’un coup surgit un peu de partage de vie, alors l’ambiance change. On ne se dit plus que le texte est bizarre, on ne se demande plus s’il est vraisemblable. Mais on réalise que tel moment de notre vie, si on savait l’écrire, surtout longtemps après, ce serait peut-être comme ça :

• C’était bien une ambiance de résurrection quand les parties prenantes de ce litige qui avait duré longtemps sont subitement arrivées à un accord après un affrontement rude.

• C’était bien une ambiance de résurrection quand on a proposé à cette jeune femme incroyante de l’accompagner dans sa démarche de préparation des obsèques de son père.

• C’est bien une ambiance de résurrection dans cette maison de retraite où les plus jeunes aident les plus âgés pour leur permettre de vivre sur place au lieu d’être hospitalisés.

Dans chacune de ces circonstances, c’est vrai, on se sent animés d’une audace de Pentecôte comme les apôtres de la première lecture. Au moment où un boiteux vient d’être guéri, tout le monde est en émoi. Pierre fait alors la première catéchèse chrétienne : il annonce avec force que c’est le ressuscité qui a guéri ce boiteux. Car c’est le ressuscité qui remet debout quand on croit que tout est mort ; c’est lui qui renvoie vers les autres quand on aurait tendance à s’enfermer ; c’est lui qui redonne le sourire, répondant ainsi à la petite fille qui disait à propos de ses parents : “Chez nous, on ne peut plus vivre, on ne sourit plus jamais.” Susanne Wehberg écrivait : “Être au clair avec la Résurrection, ça ne veut pas forcément dire qu’on sache la dire en des termes très catholiques, non ! Si on témoigne de la vie là où il y a de la mort, si on console là où il y a de l’affliction, si on est avec ceux qui n’ont personne, on est témoin de la Résurrection, ne croyez-vous pas ? Et si je vous dis que témoin, en grec, se dit marturion (martyr), vous voyez que cela peut aller très loin.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 7 mars 2018

Quatrième dimanche du carême B – 11 mars 2018

2 Chroniques 36, 14-16.19-23 ; Psaume 136 ; Ephésiens 2, 4-10 ; Jean 3, 14-21

Étrange histoire d’un serpent comparé avec Jésus ! Une tradition biblique raconte que, durant l’Exode, les Hébreux qui souffraient de la faim et de la soif avaient protesté contre Dieu et contre Moïse. Des serpents de feu avaient alors surgi, comme pour les punir, et semaient la mort dans le peuple. Alors Dieu avait invité Moïse à mettre un serpent de bronze sur un mât en disant : “Quiconque le regardera restera en vie” (Nombres 21, 8). Les deux mots : élevé et vie permettent la comparaison entre le serpent et Jésus :

- Jésus est élevé sur la croix comme le serpent était élevé sur son mât.

- Ceux qui avaient reçu la blessure mortelle conservaient la vie en regardant le serpent, comme ceux qui cherchent la vie éternelle la trouveront dans leur confiance en Christ.

Marcel Domergue a écrit : “Regardons le Christ crucifié :

- il est d’abord la figure du mal que nous commettons, puisqu’il est parmi les malfaiteurs ;

- il est en même temps l’image du mal que nous subissons, puisqu’il est condamné injustement ;

- il est aussi l’image de Celui qui prend en charge le mal qui nous affecte, que nous en soyons les auteurs ou les victimes. A la Croix, ce qui nous détruit est à la fois affiché et surmonté.”

Le Christ donne la vie en plénitude, la vie éternelle. D’où vient donc ce cadeau qui dépasse tout désir ? La réponse : “Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique.” La source de ce don, c’est l’amour qui surgit du mystère de l’univers, c’est à dire du cœur même de Dieu.

Certains prétendaient que le Messie allait détruire les pécheurs. Non, dit Saint Jean, Dieu n’envoie pas son Fils pour juger, mais “pour que, par lui, le monde soit sauvé.” Perspective résolument optimiste. La foi chrétienne ne souffre pas le pessimisme. Dans le rituel du baptême, j’aime beaucoup la prière associée au signe de la lumière : “Reçois cette lumière. Qu’elle te permette de découvrir la beauté en toutes choses, qu’elle te donne espérance au milieu des difficultés que tu connaîtras. Rappelle-toi toujours que tu es entré dans un monde tourné vers l’avenir – j’ajoute souvent “un monde d’optimistes” – Car Jésus Christ notre Seigneur est la lumière du monde.”

Je n’oublie pas pour autant la phrase : “Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière”. Elle est toujours d’actualité partout où des hommes tuent, quelquefois même en prétendant le faire au nom de notre Dieu. C’est sûrement ça le sacrilège dont parle la première lecture. Jésus est pourtant clair : “Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… non pas pour juger le monde mais pour que par lui le monde soit sauvé”. Dieu est clairement du côté de la vie, jamais du côté du meurtre. Une autre phrase peut faire peur : “Celui qui ne croit pas est déjà jugé”. Phrase qui reste mystérieuse. Mais que personne ne dise, comme on a pu le faire, que cette phrase désignerait ceux qui ne sont pas chrétiens ! Car saint Jean dit tout le contraire : “Celui qui fait la vérité vient à la lumière.” Autrement dit, la rencontre de chacun avec son Dieu est intime, et elle se joue dans la sincérité du cœur, dans la valeur des actes et de l’ouverture aux autres. En clair, il est déjà dans la vie éternelle celui qui descend au fond de lui à la rencontre de l’Amour, qu’il le nomme Dieu ou non ; il baigne déjà dans la lumière de Dieu celui qui croit que les forces du mal n’auront pas le dernier mot.

Le sommet de la vie de Jésus est son élévation en croix. Mais de cette mort-résurrection, la vie de Dieu rayonne jusqu’à nous. Et il devient pensable d’aller jusqu’à mourir pour l’autre. Le tragique de la condition humaine, les horreurs que nous pouvons vivre, tout cela nous met devant le drame d’hommes qui préfèrent la mort. Mais en face, le Vivant nous propose de nous transfuser sa propre vie. Une vie qui n’est qu’amour, mais un amour crucifié. De sa croix jaillit une lumière qui fait la vérité sur l’homme et ne laisse aucun coin d’ombre où il puisse cacher son jeu.

La méditation de saint Jean devant la croix est sévère : croire est une décision qui engage toute l’existence, une option pour ou contre la vie. Nous chrétiens sommes optimistes : Dieu a ressuscité Jésus qui a donné sa vie par amour et depuis nous croyons que tout  ce qui est donné par amour dans une vie ne meurt pas. Ou comme l’écrit Véronique Margron : « Croire que la mort recule devant le don. »

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 1 février 2018

5° dimanche dans l’année B – 4 février 2018

 Job 7, 1-4. 6-7 ; Psaume 146 ; 1 Corinthiens 9, 16-19. 22-23 ; Marc 1, 29-39

Le cri de Job est un appel tragique vers Dieu. Paul Claudel qui a écrit en parlant de Job : “Il  désespère et il espère,/ il espère d’une espérance enragée,/ il blasphème et il adore.” A la question de Job, au mystère du mal et de la souffrance, Dieu répondra par la personne de Jésus. Job concentrait en lui toute la souffrance humaine. Jésus répond en la remplissant de sa présence.

Toute souffrance enferme l’homme en lui-même. Elle le coupe des autres comme par un gouffre. En Jésus, Dieu vient franchir le gouffre. Il est descendu dans l’enfer de la douleur. Il ne la supprime pas par magie. Il lui donne comme un signe plus, le signe de sa croix. Il vient vaincre le mal jusqu’à sa racine. Sa résurrection ouvrira le Royaume où il n’y a plus ni mal, ni souffrance, ni mort.

Dans l’évangile de Marc, Jésus enseigne, il guérit et il prie.

Jésus est l’homme de la parole.

Il sort de la synagogue où il a enseigné avec autorité au jour du sabbat et où il a libéré un homme d’un esprit mauvais. Et à la fin du récit, il a la même  préoccupation : “Allons ailleurs, dans les villages voisins afin que, là aussi, je proclame l’Evangile.” Jésus est d’abord enseignant. Comme s’il voulait qu’on ait une connaissance nourrissante des Écritures.

Jésus est l’homme de l’action.

Il guérit la belle-mère de Pierre d’une fièvre non précisée… sinon qu’elle l’empêche de jouer son rôle d’accueil et de service. Sa guérison est donc une remise debout pour le service. La Bonne Nouvelle, c’est retrouver sa raison de vivre. Le soir venu, il guérit tous les malades. Il s’attaque à tout ce qui fait souffrir les hommes : le mal physique ou moral. Quand ils finissent par exagérer – “Tout le monde te cherche”- alors il s’en va, il se retire au désert. Au moment même du succès garanti, il dit : “Allons ailleurs.” Jésus guérit à condition que ça reste au service de la Bonne Nouvelle, à condition que ça reste une remise debout pour le service. Aujourd’hui, avec Jésus, il faut que l’Église soit soucieuse de se battre contre tout ce qui détruit la dignité de l’homme, pour tout ce qui rétablit quelqu’un en humanité.

“Allons ailleurs.” Un des traits les plus voyants de l’action de Jésus, c’est son aspect itinérant. Il est tout le temps en marche. C’est souvent sur les routes qu’il guérit les malades et proclame son message. Quand il se laisse arrêter, ce sont des haltes, pas des séjours. Pour réunir du monde, il profite d’une synagogue ouverte un jour de sabbat ou d’une invitation chez quelqu’un du pays. S’il a besoin d’une barque pour se faire entendre d’une foule, il l’emprunte à un disciple. Il est toujours chez les autres, il n’a pas de maison à lui : Il n’a pas d’endroit où reposer sa tête. Saint Paul a pris le même chemin : “annoncer l’Evangile, dit-il, c’est une nécessité qui s’impose à moi.”

Jésus est l’homme de la prière.

C’est elle qui féconde ses paroles et ses actions, ses enseignements et ses gestes de guérison. Plus un être descend loin en lui-même, plus il augmente le poids de ses paroles et de ses actes. Un homme qui ne prie plus “n’a plus de dedans”,  disait le philosophe Berdiaef. Jésus est l’homme des  profondeurs.

Et nous, quelles sont nos fièvres ? Et notre monde, de quoi est-il malade ? Sans doute il a souvent besoin d’une remise debout pour le service, besoin de retrouver sa raison de vivre.

J’ai lu au sujet de la belle-mère Pierre : “Quand elle a vu que son gendre ne rentrait pas à la maison, quand elle a su qu’il avait laissé ses filets et était parti avec un prédicateur ambulant, vous imaginez le choc ! Et quand on lui a dit que ce Jésus allait venir chez elle, elle en a été malade : elle s’est mise au lit.

Nous aussi, nous avons peur que Le Christ bouleverse nos sécurités. Nous voudrions qu’il nous laisse tranquilles. Mais il s’approche sans un mot. Et alors, quel émerveillement et quelle énergie ! Alors on se lève… et on a envie de se mettre à servir.”

Quand quelqu’un s’entend dire qu’il est aimé de Dieu, Il paraît que ça le ressuscite.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 9 novembre 2017

32° dimanche dans l’année A – 12 novembre 2017

Sagesse 6, 12-16 ; Psaume 62 ; 1 Thessaloniciens 4, 13-18 ; Matthieu 25, 1-13

Chaque dimanche jusqu’au temps de l’Avent, nous lisons le chapitre 25 de Matthieu. Il a été notre évangéliste toute l’année et c’est lui qui donne le plus de place à la parabole du jugement dernier. Sans doute les communautés chrétiennes à qui il s’adresse sont sous le choc du saccage de Jérusalem par les Romains. Il écrit en effet dans les années 80, peu de temps après la chute de Jérusalem en 70. Les chrétiens issus du judaïsme sont donc en train de vivre réellement la fin d’un monde. Peut-être même croient-ils que c’est la fin du monde, puisqu’ils attendent le retour du Christ.

Mais le monde est toujours là, et nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa fin. Ce que nous savons c’est qu’il n’est pas sans fin. Les jours et les années ont une fin, les civilisations et les cultures aussi, et même la terre puisque les scientifiques nous disent que le soleil s’éteindra un jour. C’est dans ce provisoire que l’Esprit de Dieu construit l’éternité de l’amour. La parabole dit de ne pas perdre de vue le caractère provisoire de notre condition et nous invite à la sagesse, en nous mettant en garde contre une inconscience folle. On peut mettre côte à côte sagesse et folie, à travers les détails de la parabole.

Le sage sait prévoir : il tire des leçons de son passé ; il anticipe et envisage l’avenir avec ses risques et ses limites. Le fou a le nez sur le guidon. Pour lui il n’y a que le présent qui compte. Il est sans mémoire et sans perspective. Il est fataliste. Il dit : “c’est le destin.” La version moderne de ce fatalisme, c’est l’épuisement des ressources de la planète et le fossé entre pauvres et riches. On est conscients qu’on va dans le mur mais on dit souvent qu’on ne sait pas faire autrement.

Prévision, provision et prudence vont ensemble pour le sage. Il sait que la nuit peut être longue et emporte avec lui une provision d’huile. Pour le fou, inutile de s’encombrer et de faire des réserves. Inutile de penser aux générations à venir : “Après nous le déluge.” La Fontaine aurait dit qu’il s’est habitué à être cigale et qu’il se moque des fourmis. Il est dépendant et assisté. Il se dit que les autres auront fait des provisions pour lui. Il est même capable de se fâcher si les autres ne partagent pas avec lui. Il ne voit pas que lui-même ne partage souvent rien. Il est incapable de se prendre en main, comment penserait-il aux autres ?

Le sage a l’esprit et le cœur toujours en éveil, en attente et en patience. Veilleur, il ne veut pas se laisser surprendre par le mal qui rode en lui et autour de lui. Amoureux, il savoure, en gardant son cœur éveillé, la venue de la personne bien-aimée. Quelle que soit l’heure, il se tient prêt. Le fou, lui, s’assoupit et s’endort. Il n’a pas d’autre désir ni d’autre amour que de lui-même. La patience n’est pas son fort et son espérance est vide.

Chacun peut facilement trouver comment cette parabole est actuelle. Je veux juste souligner un appel qui nous concerne tous : si l’on peut comparer la foi à l’huile d’une lampe qui éclaire nos nuits, qui entretient notre espérance et notre amour de Dieu, ils nous faut aujourd’hui, plus qu’autrefois, compter davantage sur nous-mêmes. Il nous faut nous-mêmes faire réserve d’huile. Autrefois la foi de l’Eglise dispensait beaucoup d’entretenir leur foi personnelle. Aujourd’hui, sans l’huile de la réflexion, de la prière et de la lecture de la Parole, nous risquons d’être vite incapables de rendre compte de notre foi personnelle, nous risquons de rater beaucoup de passages de notre Dieu et beaucoup de signes du ressuscité.

Au fait, comment va la lampe de chacun ? Nous pourrions la remplir avec l’huile de la sincérité pour aller à la rencontre des autres et de Dieu. Nous oublions souvent l’huile de la patience et celle du temps qu’il faut pour écouter l’appel au secours de nos frères. Et l’huile de la confiance en l’action de Dieu dans notre monde beaucoup déchiré ? Même la fantaisie et l’imagination peuvent être une huile qui nous nous aide à oser créer des choses nouvelles. 

Notre désir et notre espérance sont l’huile avec laquelle nous pouvons faire devenir réalité en notre cœur le Royaume de Dieu qui nous est annoncé. Ecoutez la conclusion du poème intitulé Parti pris de Colette Nys-Masure : « Je ne maudirai pas les ténèbres, je tiendrai haut la lampe. »

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 3 novembre 2017

31° dimanche dans l’année A – 5 novembre 2017

Malachie 1, 14b; 2, 2b.8-10 ; Psaume 130 ; 1 Thessaloniciens 2, 7b-9.13 ; Matthieu 23, 1-12

Les phylactères sont des étuis de cuir qui contiennent, sur de petits parchemins, des textes importants de la Bible. Ces deux sacs, fixés par des bandeaux, sont portés pendant la prière du matin, l’un au bras gauche, c’est-à-dire près du cœur, et l’autre sur le front. Des juifs, aujourd’hui encore, conservent cette coutume. Garder la Bible dans sa tête et dans son cœur, tout un programme !

“Frères, avec vous nous avons été pleins de douceur comme une mère qui entoure de soins ses nourrissons.” Saint Paul est décidément beaucoup moins dur avec les chrétiens de Thessalonique qu’avec ceux de Corinthe. En réalité, l’expression “pleins de douceur” employée ici ne provient pas de l’Ancien Testament mais elle est connue dans la culture grecque. Elle s’emploie d’ordinaire pour des personnes, des rois ou des gouverneurs, qui ont une autorité à exercer. Être doux, pour eux, c’est exercer leur autorité en tenant compte de ceux qu’ils gouvernent, sans les oppresser. C’est la même attitude que celle de Jésus, le maître qui s’est fait “doux et humble de cœur” (Mt 11) Le mot “Doux”, comme le mot “serviteur”, ne veut pas dire “soumis”, mais signifie : “qui se met librement au service” parce que le service est porteur de vie.

“Le plus grand parmi vous sera votre serviteur”. Voilà une des phrases les plus révolutionnaires de la Bible. Le plus grand se met au service de Dieu et de ses frères. Il n’est pas tenté de mettre Dieu à son service ni de s’en réclamer pour prendre le pouvoir. C’est être grand que d’être serviteur, car c’est devenir comme Dieu qui, par l’incarnation du Fils, s’est fait notre serviteur. Et personne n’est plus heureux que celui qui sait aimer activement ses frères.

On a tous du POUVOIR…. Est-ce qu’il est au SERVICE ?

Un savoir, une compétence, des informations, tout cela donne du pouvoir. Certaines personnes donnent quelquefois un pouvoir excessif à certains types de compétences ou de professions, par exemple dans le monde médical. Et il est important que la réponse soit quelquefois clairement : “je ne sais pas”. Sinon le risque est grand de tromper ces personnes ou de contribuer à les infantiliser. Il y a ainsi des pouvoirs qu’on veut nous donner et qu’il ne faut absolument pas prendre.

On a tous du POUVOIR…. Est-ce qu’il est au SERVICE ?

- Au volant de ma voiture, j’ai un certain pouvoir.

- Si je suis papa ou maman, j’ai du pouvoir sur mes enfants.

- Notre entreprise vient de changer de locaux. Est-ce que moi, le patron, je me réserve le plus grand ou le plus beau bureau ? Et puis, qui ne va pas travailler tel jour, le personnel ou bien nous les responsables ?

- Moi qui suis professeur, comment je regarde les élèves ? En disant (ou en laissant entendre) : “vous pouvez, vous êtes capables…” ou bien : “vous êtes nuls, phrase quelquefois assassine, et qui a quelquefois le quasi pouvoir de rendre nul effectivement.

- “Je ne sers plus à rien”. Nous savons tous le désarroi que révèle une telle expression. Et on se souvient que Jésus lui-même demande un service à la Samaritaine.

On m’a fait remarquer un jour que “l’autorité” n’est pas d’abord faite pour interdire -  réflexe fréquent – mais pour autoriser. C’est bien vrai qu’il faut avoir assez d’autorité pour autoriser, pour permettre de vivre et grandir, au lieu d’empêcher ou même, comme dit le prophète Malachie, au lieu de faire de la Loi une occasion de chute.

Permettre de vivre et de grandir… Autoriser à progresser. J’aime bien ce poème arabe qui peut inspirer tous les parents et plus largement tous ceux qui ont autorité sur d’autres : “Un Khalife fit venir un homme très simple, dont on lui avait dit qu’il était un sage. Pour éprouver cette sagesse, ce Khalife lui posa cette question : “On me dit que tu as de nombreux enfants, veux-tu m’indiquer de tes enfants lequel est le préféré ?” Et l’homme de répondre : “Celui de mes enfants que je préfère, c’est le plus petit, jusqu’à ce qu’il grandisse, celui qui est loin, jusqu’à ce qu’il revienne, celui qui est malade, jusqu’à ce qu’il guérisse, celui qui est prisonnier, jusqu’à ce qu’il soit libéré, celui qui est est éprouvé, jusqu’à ce qu’il soit consolé.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 13 septembre 2017

24° dimanche dans l’année A – 17 septembre 2017

Siracide 27, 30 – 28, 1-7 ; Psaume 102 ; Romains 14, 7-9 ; Matthieu 18, 21-35

On amène au roi – c’est à dire à Dieu – un fonctionnaire qui lui doit dix mille talents, c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent. Une fortune si l’on sait que le roi lui-même recevait neuf cents talents par an. Affolé devant la perspective de l’esclavage, ce serviteur promet l’impossible : il va rembourser ! Mais le roi “saisi” de compassion (“pris aux entrailles” traduit Chouraqui) lui remet sa dette.

En sortant, le serviteur rencontre un compagnon qui lui doit cent pièces d’argent. Ce n’est pas rien puisqu’une pièce d’argent représentait le salaire d’une journée pour un travailleur agricole. Mais la seconde dette est six cent mille fois moins élevée que la première! Et pourtant, ce serviteur qui n’en a plus besoin réclame son dû jusqu’au dernier centime. En stricte justice, il n’a pas commis la moindre faute. On lui a remis sa dette, il aurait pu en faire autant ! Mais rien ne l’y obligeait.

Nous avons là une parabole qu’on pourrait intituler “la Parabole de la démesure de l’amour !” Il faut l’entendre avec le cœur pour en saisir le message. Gabriel Ringlet le dit à sa façon : “Quelle chance pour les gens insolvables que nous sommes : Dieu n’est pas fort en maths. Et de plus, il n’y connaît rien à la TPA (Taxe sur le péché ajouté) !”

Au commencement est le don. A l’origine est le don de Dieu, toujours premier. Don de la vie, débordant et inattendu, comme les largesses du roi de la parabole qui fait grâce à son serviteur d’une somme astronomique. Le cœur de Dieu, comme celui du Père de l’enfant prodigue, ne s’épuise pas à donner et à pardonner en supprimant toute dette. Comme le Samaritain d’une autre parabole, Dieu est “pris aux entrailles”. Il est “Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, plein d’amour et de vérité”, comme le chantent plusieurs psaumes (86, 15 ; 103, 8 ; 145, 8). Et il nous donne et redonne “la vie, le mouvement et l’être”, dit saint Paul (Actes17, 28).

Au long de l’Évangile, Jésus nous révèle ce Dieu dont la justice est miséricorde. Il fait briller son soleil sur les bons et sur les méchants (Mt 5, 45). Il laisse le troupeau pour courir après la brebis perdue (Mt 18, 12-14 ; Lc 15, 1-7). Il paie autant l’ouvrier de la dernière heure que celui qui a travaillé tout le jour (Mt 20, 1-16). Pour lui, les derniers seront premiers (Mt 19, 30 ; 20, 16). Voilà le don toujours premier de sa tendresse.

Mais il faut dire un mot du serviteur impitoyable : à la miséricorde sans mesure de son maître, il répond par une attitude impitoyable en s’acharnant sur son compagnon de travail. Alors qu’il vient d’être pardonné, il oublie le pardon qui le fait vivre lui, et il le refuse à son frère. Oublier le pardon que l’on a reçu et ne pas vouloir le donner, c’est oublier de vivre, c’est choisir la mort. Tôt ou tard, le refus de pardonner nous détruit. Et nous accusons Dieu et les autres d’injustice, alors que c’est nous-mêmes qui nous fermons à la source de vie du pardon. Le Père François Varillon a écrit : “Pardonner, c’est effacer un ressentiment, piétiner mon orgueil, faire la paix, la construire. Le pardon n’est pas un coup d’éponge, il est une re-création. Pardonner, c’est permettre un nouveau départ.” Ou comme dit encore Gabriel Ringlet : “Pardonner, c’est libérer l’avenir… arrêter la violence, retrouver la paix, la légèreté, et donc l’humanité.”

Dès l’entrée, à l’ouverture de l’Eucharistie, nous sommes accueillis par le don du pardon : « Que Dieu dont l’amour est tout-puissant nous fasse miséricorde et nous conduise à la vie. » Le don qui nous a été fait surpasse tous les dons. Il est par-don. C’est de cette source débordante que surgit notre foi dans le pardon des offenses. Pardonner, c’est se souvenir du pardon reçu pour vivre en l’offrant. C’est renaître. C’est ressusciter. Ecoutez cette parabole intitulée Le fil à nœuds : Un vieux rabbin racontait : chacun de nous est relié à Dieu par un fil. Et Lorsqu’on commet une faute, le fil est cassé. Mais lorsqu’on regrette sa faute, Dieu fait un nœud au fil. Du coup, le fil est plus court qu’avant. Et le pécheur est un peu plus près de Dieu ! Ainsi, de faute en repentir, de nœud en nœud, nous nous rapprochons de Dieu.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 14 juin 2017

Fête du Corps et du Sang du Christ – A - 18 juin 2017

Deutéronome 8, 2-3. 14b-16a ; Psaume 147 ; 1 Corinthiens 10, 16-17 ; Jean 6, 51-58

“Manger la chair” de Jésus, “boire son sang” ! Le réalisme de Saint Jean pourrait nous faire passer pour des anthropophages. En réalité l’expression chair et sang, dans la mentalité hébraïque, désigne l’homme concret. Et il est probable que Jean ait voulu insister sur l’humanité de Jésus parce que, dès la fin du premier siècle, beaucoup le considéraient déjà comme un être céleste désincarné. D’autres passages de l’Ecriture parlent de l’eucharistie : “Quand vous mangez ce pain et buvez à cette coupeVoici mon corps, voici mon sang …” La clé pour comprendre ce langage sacramentel, c’est le mot symbolique. Non pas au sens minimum qu’on lui donne quelquefois : “Oh ! Il a fait une offrande seulement symbolique,” c’est à dire pas grand chose. Non le symbole, en langage sacramentel, a le sens fort et dit une réalité plus grande que ce qu’on voit, bien plus profonde que les apparences.

Je me rappelle comment, un jour, avec des enfants, le beau stylo de François nous avait aidés à comprendre le mot symbole : car ce n’était pas un stylo, c’était un cadeau ; ce n’était pas de l’utile, c’était du gratuit ; ce n’était pas du fonctionnel, c’était du relationnel. En bref, il y avait quelqu’un derrière. Par chance, ce stylo écrivait. Mais combien de ces objets sont seulement du relationnel : tel merveilleux coupe-papier qui ne coupe rien du tout, telle superbe lampe de chevet qui n’éclaire rien, tel instrument de musique dont personne ne pourrait sortir une seule note : mais c’est peut-être le stradivarius de l’arrière grand-Père !

Le stylo de François était le stylo de la mémoire. Il y avait quelqu’un derrière. L’Eucharistie est le pain de la mémoire : “Faites cela en mémoire de moi”. Mémoire d’une vie brisée, d’une vie donnée. Il y a quelqu’un derrière. Un jour, notre évêque a dit : “Ceux qui s’ennuient à la messe, c’est parce qu’ils n’y apportent rien de leur vie. Finalement, ils ne sont pas tellement présents.” Le pain offert à la messe symbolise ce que nous appelons notre pain quotidien. Il nous faut apporter quelque chose de notre vie à chaque messe, sinon, il n’y a personne derrière le pain. Pour que Dieu transforme le pain en sa propre vie il faut qu’il y ait du pain. “Nous te présentons ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, il deviendra le pain de la vie.” À la communion, Dieu nous redonne ce pain, habité de la présence réelle du Christ. Et nous repartons avec une énergie divine pour continuer de vivre avec la force de l’Esprit de Jésus.

La messe, c’est la rencontre de deux présences réelles : la présence réelle du Christ, qui ne fait aucun doute, et notre présence réelle, qui, elle, est parfois moins sûre. Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes une présence réelle du Christ après la messe. Saint Jean Chrysostome (4ème siècle) a quelques mots très forts pour dire la mission que l’eucharistie nous donne : “Tu veux honorer le Corps du Christ, ne le méprise pas lorsqu’il est nu.” J’aime beaucoup cette phrase qui dit bien de quelle manière l’Eucharistie est sacrée.

Des personnes de notre paroisse ont souhaité vivre aujourd’hui le sacrement des malades. C’est un sacrement particulier. Il a en effet gardé de vieille date un surnom, alors qu’il a depuis longtemps un vrai nom. Et puis on aime bien lui donner un petit nom très chaleureux.

Le surnom, c’est l’extrême-onction. Il est encore dans la mémoire de beaucoup, alors qu’on ne l’emploie plus depuis des dizaines d’années. C’était le sacrement que l’on donnait à quelqu’un qui était à la dernière extrémité. Et cette appellation n’était pas très juste puisque le sacrement des mourants est le Viatique, c’est à dire la communion apportée à un malade proche de la mort.

Le vrai nom, c’est l’onction des malades, un nom bien précis qui dit à qui il s’adresse.

Et on aime lui donner un petit nom, celui qui se murmure à l’oreille de la personne aimée, c’est le sacrement de la tendresse de Dieu. On prend Dieu au mot quand il dit : « Quand bien même une mère oublierait son enfant, moi, je ne t’oublierai jamais !» (Isaïe 49, 15-16)

L’onction avec l’huile bénie par l’évêque pendant la semaine sainte, rappelle que c’est un geste d’Eglise. Le sacrement ne supprime pas la condition humaine qui est de s’user et de finir ! Mais il vient aider à vivre ce temps de la maladie et du grand âge. Dieu compte sur nous pour montrer ce qu’il peut faire dans une vie qui s’abandonne dans un acte de confiance, au moment où les forces humaines semblent l’abandonner. Permettons à Dieu d’être Dieu, c’est-à-dire Père.

 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie pour la profession de foi – 11 juin 2017

Posté par rtireau le 13 juin 2017

Homélie du Père Patrick Cascaro (Spiritain)

Aujourd’hui, c’est jour de joie, jour de fête dans les communautés chrétiennes de Saint Clément et du Bienheureux Marcel Callo. Des jeunes vont proclamer leur foi.  L’aventure de la foi ! Des réunions à Saint Clément, une journée au Carmel de Montigné, temps de détente (soleil et pas de pluie), de jeu, mais aussi de réflexion, de prière avec des moments forts comme la découverte du carmel. Autre temps fort, ce moment pour faire la paix en vous, vivre la  paix avec Dieu et avec ceux avec qui nous sommes en relation, ce fut le temps du pardon. Et ce matin, vivre la joie d’être ensemble pour se retrouver avec vos parents pour dire merci à Dieu, en célébrant l’eucharistie…

L’aventure de la foi : Mathieu, Paul André, Hélène, Elouan, Matteo et Samira, vous allez affirmer votre foi devant nous. Cela ne signifie pas que tout soit évident pour vous. Même nous adultes, nous pouvons connaître des doutes ! N’avons-nous pas des questions ? Comme Thomas qui déclare : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous… non je ne croirai pas ».

A celui qui me demanderait des preuves de l’existence de Dieu, je n’en aurais aucune à fournir. Je ne pourrais même pas l’obliger à croire. Mais est-ce cela croire ? Jean Pierre Manigne, un prêtre dominicain, écrivait à propos de Thomas : Thomas l’incrédule ? Non. Plutôt Thomas, père de la foi ! Comme il nous est facile de nous retrouver en lui. Quelle est la condition requise ? En avoir entendu parler. Avoir entendu dire que ce Jésus qu’on croyait mort, est vivant.  Thomas n’était pas avec les autres disciples lors de la première apparition de Jésus. Et bien ! Nous non plus, nous n’y étions pas. Mais les autres disciples lui disent : « Nous avons vu le Seigneur. » Et par le hasard de la vie, la même nouvelle nous parvient à nous aussi par le Livre, le Testament, ou par le témoignage de nos parents ou des amis.

Mathieu, Paul André, Hélène, Elouan, Matteo et Samira : Il y a des gens dans vos vies qui vous font rêver. Que ce soit des chanteurs comme le groupe Section d’assaut, maître Gims, le rappeur, Jennifer, le groupe Nirvana, les candidats à the voice… Apparemment lady Gaga n’a plus la côte chez vous… Les acteurs Bradpit, Jean Dujardin, Johny Dep ou encore les sportifs comme Lionel Messi, Raphaël Nadal, sans oublier ceux qui font rêver plus particulièrement  Elouan : Arnaud Démare et Arnaud Gérard, né à Dinan qui sont des cyclistes de hautes volées (Elouan fait parti d’une équipe de cyclistes pro.)

Je ne sais pas si Jésus vous fait rêver. Jésus c’est l’anti idole. Il n’est pas venu pour jouer à la vedette. Il ne risque pas de passer à la télé, c’est tout le contraire d’une Star. Pourtant Jésus n’est pas démodé, on en parle encore aujourd’hui. Mais la foi, je ne peux pas la transmettre à d’autres, comme un médecin injecte un vaccin, en faisant une piqûre à son patient. Je ne peux pas expliquer ma foi comme le prof de math vous explique un théorème.

Pour comprendre, il nous faut revenir à Thomas : Lui, il n’a encore rien vu. De Jésus, il ne sait que la mort, mais il ne se réfugie pas dans son ignorance ou sa tristesse. Ce qu’il va vivre,  Thomas, ce n’est pas une preuve, mais il va vivre une épreuve. La foi en Jésus Ressuscité est sans preuve. Justement parce qu’il s’agit de la vie et du vivant, pas d’un théorème. Mais il y a une épreuve de la foi à voir. Thomas lui aussi veut voir et puis toucher… Epreuve de la foi, Jésus ne le décourage pas, bien au contraire il lui dit : « Avance ton doigt, vois mes mains…» On ne nous dit pas si Thomas fera le geste.

La foi pour Thomas ne commence pas avec sa fameuse réplique : « Mon seigneur et mon Dieu ! » Ça c’est l’accomplissement de l’espérance. La foi, elle, commence humblement par la résolution, non pas d’en obtenir la preuve, mais dans faire l’épreuve. Or cette épreuve n’est pas hors de portée. Nous avons déjà des frères dans la foi pour nous dire que le Seigneur est vivant. Nous ne sommes plus tout seul ! Vivre l’épreuve de la foi, c’est alors se mettre en marche. Ce n’est pas seulement avec la tête que l’on croit, même s’il y a une part d’intelligence dans l’acte de croire. C’est avec tout son être que l’on croit : avec ses jambes, avec ses yeux, avec son cœur.

Regardez l’Apôtre Matthieu dans l’évangile. Il entend un appel : « Suis-moi ! ». « L’homme se leva et le suivit », précise l’évangéliste. C’est donc avec ses jambes qu’il exprime sa foi, sa confiance en Jésus. La foi commence avec les pieds et le chrétien n’est pas quelqu’un qui met les deux pieds dans le même sabot. Les premiers chrétiens, on les appelait les adeptes du chemin. Oui, c’était des gens en marche, comme l’avait été leur maître. Jésus a été sans cesse à la rencontre des hommes et à la rencontre de Dieu son Père qu’il prie dans la montagne ou dans un endroit désert.

Croire, c’est donc avancer, aller de l’avant. C’est aussi avec les yeux que le chrétien croit. Avez-vous remarqué les Pharisiens : leur regard est un regard de jugement et de condamnation : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? ». Ils ne savent regarder que les apparences. Jésus, lui, ne s’arrête pas aux apparences, il regarde le cœur. Eh bien, nous aussi, nous sommes invités à regarder comme le Christ. Comme les relations humaines changeraient si les hommes regardaient avec un a priori favorable ! Pour Jésus, les publicains et les pécheurs, ce sont d’abord des hommes aimés de Dieu, capables de se convertir, capables de guérir. L’Eglise, si elle veut être fidèle à son maître, ne peut faire de discrimination, ce serait en contradiction totale avec Jésus son fondateur. Croire, c’est regarder sans cesse avec un regard neuf. 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

Homélie

Posté par rtireau le 1 juin 2017

Fête de la Pentecôte – 4 juin 2017

Actes 2, 1-11 ; Psaume 103 ; 1 Corinthiens 12, 3b-7.12-13 ; Jean 20, 19-23

Deux textes bien différents (Actes des apôtres et Saint Jean) pour dire la même réalité Pentecôte. Heureusement que notre foi n’est pas accrochée au mot à mot des textes.

La 1ère lecture, au livre des Actes, est tout entière symbolique : Le temps est symbolique : 50 jours après Pâques : la Pentecôte juive. Le lieu est symbolique : les disciples sont réunis dans la chambre haute (leur refuge depuis l’Ascension). Le groupe est symbolique : ils sont tous ensemble autour des Douze. Il y a un grand bruit comme au Sinaï de la première alliance. Il y a un grand vent comme pour la traversée de la mer rouge. Il y a du feu comme autrefois sur la montagne fumante du Sinaï. Il y a  du monde qui vient de partout. Ce texte dit que les apôtres ont compris l’événement Pentecôte dans la suite de l’Ancien Testament, comme une même histoire de libération qui se poursuit. Ce texte est donc clairement pédagogique.

Dans le texte de Saint Jean, la Pentecôte a lieu dès le soir de Pâques. Les apôtres ont verrouillé leur porte. Mélange de peur, de discrétion et de silence. Et Jésus vient. Et on arrive directement au fait, sans aucune préoccupation pédagogique. Pour les envoyer en mission, Jésus leur donne (leur fait) le souffle léger de son Esprit :

* Comme dans la Genèse (Gn 2), lors de la première création : “Dieu insuffla dans les narines de l’homme le souffle de vie”. Première naissance au début des temps.

* Comme dans Ezéchiel (Ez 37), lors de la dernière création : “Souffle sur ces ossements desséchés, et ils revivront”. Création de l’avenir, résurrection finale, au dernier jour.

Première et dernière création ! Entre les deux, il y a la création actuelle, en train de se faire : le Souffle de Dieu est chaque jour à l’œuvre. Saint Jean décrit la présence et l’action de Dieu par ce qui est à la fois le plus commun et le plus fondamental : respirer ! Tous les vivants respirent le même oxygène. Image saisissante de Dieu qui nous fait vivre ! Voilà donc Jésus qui “souffle” sur ces hommes en disant : “Recevez l’Esprit Saint”, comme Dieu, à l’origine, avait “soufflé dans les narines de l’homme l’haleine de vie”. Tout se passe comme si Jésus était en train de recommencer l’homme, de le créer à nouveau ?

“Les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des juifs.” C’est si vite fait, l’enfermement : non seulement celui dont on peut être victime, mais aussi celui dans lequel on s’enferme soi-même. Jésus franchit les verrous et annonce : “La paix soit avec vous !” Aux hommes anxieux, il veut d’abord donner “la paix”, cette paix avec soi-même, souvent la plus difficile à trouver. Ailleurs il précise : ma paix. Ce n’est pas une paix ordinaire. Ce n’est pas la tranquillité d’une petite vie sans histoires. Ce n’est pas : je vous fiche la paix. On sait trop comment son existence fut mouvementée et risquée. Et on se souvient qu’en souhaitant la paix, il montra ses plaies. Nos textes d’aujourd’hui parlent de la paix comme d’une immense transformation intérieure, d’un véritable bouleversement arrivé aux premiers chrétiens, dans le sens d’une ouverture aux autres, d’un envoi en mission : chacun les entendait proclamer les merveilles de Dieu dans sa propre langue. On rêve quelquefois d’une langue commune pour se faire comprendre. Non ! C’est l’inverse. C’est à l’Eglise qu’il revient d’assumer les langues et les cultures des hommes. Il ne s’agit pas pour elle d’amener les hommes à comprendre son langage à elle, mais bien de leur parler leur langue à eux, de retraduire sans cesse son message pour le rendre compréhensible à tous.

Le théologien Rey Mermet, dans un de ses livres intitulés Croire, écrit : “A la Pentecôte, les apôtres ont lu l’Ecriture avec des yeux tout neufs. « Ce Jésus que vous avez mis à mort, il est ressuscité. Nous en sommes témoins. Il nous envoie apporter la Bonne Nouvelle. » Et ces hommes peureux, qui s’enfermaient à double tour pour éviter le contrecoup du Vendredi Saint, ne trembleront plus jamais devant un tribunal humain. L’Evangile est enfin compris comme une Bonne Nouvelle. Et avec les apôtres, c’est l’humanité entière qui est soulevée par la foi, l’espérance et la charité.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaires »

1234
 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette